
La guerre en Irak, l'agitation politique et la tension à l'échelle
globale sont des moments difficiles et d'incertitude pour tout le monde. Les craintes
vis-à-vis de la guerre ont pu augmenter depuis le 11 septembre à cause
de la menace possible du terrorisme et bio-terrorisme. Les personnes ayant été
confrontées à la guerre par le passé peuvent être particulièrement
vulnérables en ce moment. Les personnes ayant été exposées
à d'autres situations traumatiques, telles qu'un accident de voiture, le décès
d'un être cher, de la violence ou une agression peuvent également être
plus vulnérables aux événements globaux et à une certaine
appréhension. Pour certaines personnes, les préoccupations liées
au syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) s'ajoutent à l'angoisse
déjà ressentie envers cette tension à l'échelle globale.
Même s'il est bon de reconnaître qu'à l'heure actuelle il existe
un sentiment accru d'anxiété parmi les gens, il est également
important de reconnaître que certaines choses peuvent être faites pour
notre famille, notre collectivité et nous-mêmes. Dans ce qui suit, vous
trouverez certains renseignements et conseils simples sur la façon de composer
avec le stress résultant de ces périodes difficiles que nous vivons
actuellement.
Quelle est la réaction normale à ce type de situation ?
Vous ressentez peut-être plus d'appréhension que de coutume. Par
exemple, vous pouvez rêver de situations liées à la guerre en
Irak ou à d'autres événements stressants. Vous préférez
peut-être rester chez vous et annuler vos projets de voyage. Vous regardez
peut-être plus souvent les nouvelles ou vous évitez de les regarder
et de lire les journaux. Toutes ces réactions sont normales étant donné
la situation difficile auquel le monde est confrronté.
Que peuvent faire les gens pour tenter d'apaiser ces sentiments d'inquiétude
?
- Ne pas regarder trop souvent les nouvelles. Parfois lire le journal peut être
moins angoissant que de regarder les scènes effrayantes montrées à
la télévision ou décrites à la radio.
- Parler avec des amis ou en famille des sentiments ressentis.
- Continuer à vaquer aux activités habituelles. Aller au cinéma,
au théâtre ou fréquenter la famille et des amis.
- Rester en forme. Avoir des activités physiques. Bien manger et s'assurer
d'avoir suffisamment de sommeil, de repos et de détente.
- Communiquer avec le Centre d toxicomanie et de santé mentale, sans frais,
au 1 800 463-6273, ou au 416 595-6111 à Toronto, pour tout renseignement concernant
l'anxiété et toute autre préoccupation reliée à
la santé mentale.
- Obtenir de précieux conseils, des ressources et des liens utiles pour
d'autres renseignements sur des sites Web tels que ceux qui suivent :
Quels sont les symptômes qui permettent de reconnaître qu'une personne
ressent plus d'anxiété qu'elle le devrait ?
Souvenez-vous que la guerre et le conflit à l'échelle globale sont
des événements stressants, par conséquent, ressentir de l'anxiété
est une chose normale à laquelle il faut s'attendre. Si, par contre, vous
ressentez certains des symptômes suivants, il se peut que ces symptômes
soient les effets d'un traumatisme.
- Crises de panique
- Insomnie chronique
- Peur extrême des gens ou pensées que les gens ont l'intention de
vous faire du mal
- Abus de substances
- Autre forme de conduite autodestructive
Si vous avez ces symptômes, consultez votre médecin de famille or
un professionnel de la santé mentale. Aussi, si votre capacité de travailler
et de fonctionner avec d'autres personnes n'est plus la même, si vous ne cessez
de penser à la situation dans le monde, si vous regardez trop souvent les
nouvelles et si vous n'appréciez plus les activités que vous aimiez
auparavant, il serait préférable que vous parliez à un fournisseur
de soins de santé.
Que peuvent faire les personnes qui ont des difficultés ?
Si vous avez besoin de soutien supplémentaire et si vous désirez
parler à quelqu'un en dehors de votre famille et de vos amis, il existe des
centres de crise dans de nombreuses villes. Les numéros de ces lignes téléphoniques
d'aide figurent souvent dans les premières pages du bottin de téléphone.
Si vous ressentez de longues périodes d'anxiété et qu'elles
ont une incidence sur votre travail et votre famille, il serait bon de consulter
votre médecin de famille ou d'autres fournisseurs de soins de santé.
La compagnie ou l'organisme pour laquelle ou pour lequel vous travaillez a peut-être
un programme d'aide aux employés (PAE) offrant des consultations avec des
professionnels dûment formés. Si vous ressentez une détresse
extrême face à la situation ou des symptômes physiques, rendez-vous
au service d'urgence de l'hôpital de plus proche. Si vous êtes à
Toronto, vous pouvez communiquer avec le service d'urgence du Centre de toxicomanie
et de santé mentale.
Comment les gens peuvent-ils composer avec la guerre et d'autres situations traumatisantes
qui se produisent en même temps, comme par exemple le syndrome respiratoire
aigu sévère (SRAS) ?
Il est possible de ressentir un stress supplémentaire en cette période
de tension à l'échelle globale, de guerre en Irak et d'épidémie
de SRAS.
Il est important de se souvenir que des mesures sont prises dans la région
du grand Toronto et d'autres parties du monde pour contenir la transmission du SRAS.
Les experts nous affirment que la vaste majorité de la population n'est pas
en danger. Santé Canada, les gouvernements provinciaux et la plupart des bureaux
locaux de santé publique ont mis en place des numéros d'urgence que
vous pouvez appeler pour obtenir l'information la plus à jour. Vous pouvez
également appeler votre médecin de famille.
Pour de plus amples renseignements sur la façon de composer avec le stress
et toute crainte que vous pourriez avoir envers le SRAS, consultez le site Web de
l'Association médicale canadienne à : www.cma.ca. La documentation
de ce site, préparée par le Mental Health Support Network of Canada
(le réseau canadien de soutien pour la santé mentale), précise
que les personnes qui ont récemment vécu un traumatisme ou un événement
attristant, sont plus perturbées par le SRAS ou la guerre en Irak qu'elles
devraient l'être et se sentent plus stressées dans ces circonstances.
En même temps, le site décrit des comportements à surveiller,
semblables à ceux décrits ci-dessus, comme par exemple, manquer de
sommeil, regarder excessivement la télévision et s'isoler socialement.
Si c'est le cas pour vous ou l'un de vos proches, il est préférable
que vous consultiez votre médecin de famille ou un autre fournisseur de soins
de santé.
Que peuvent faire les gens contre la discrimination et le racisme dans leur collectivité
?
Il s'agit d'une période difficile pour beaucoup de gens et de groupes qui
font face aux conséquences de la guerre et de la tension à l'échelle
globale. C'est une période où de nombreuses personnes risquent de ressentir
un sentiment accru de vulnérabilité, de racisme, d'établissement
de profils raciaux et d'isolement. Elles peuvent entendre des commentaires embarrassants
dans leur milieu de travail, se heurter à des réactions insensibles
aux questions, avoir des expériences personnelles leur faisant revivre un
traumatisme ; elles peuvent sentir leur sécurité menacée si
elles parlent à d'autres personnes et si elles voyagent.
Le racisme et la bigoterie religieuse sont souvent le résultat de l'ignorance,
de la crainte et d'un usage abusif de pouvoir contre les gens, fondés sur
la race, la couleur de la peau, le statut d'immigrant, la religion ou le pays d'origine
Il est important de monter de la sensitivité et du respect envers vos collègues,
vos amis, vos connaissances et les autres personnes avec qui vous vous trouvez en
contact actuellement. Le site Web de Santé Canada, http://www.hc-sc.gc.ca/pphb-dgspsp/publicat/oes-bsu-02/comm_f.html,
offre plusieurs conseils sur ce que vous pouvez faire dans votre collectivité
pour participer à la lutte contre le racisme. Vous pouvez, entre autres, veiller
à ce que vos paroles et vos gestes ne donnent pas l'impression que vous approuvez
le racisme, veiller à enseigner à vos enfants que les personnes qui
ont des origines et des religions différentes enrichissent la collectivité
et veiller à promouvoir l'acceptation et le sens social dans votre collectivité.
À une période comme celle que nous traversons en moment où
beaucoup sont en proie à la vulnérabilité et à l'incertitude,
il est très important de favoriser une attitude respectueuse et sensible.
Si vous avez été la cible de racisme et de discrimination, communiquez
avec votre organisme communautaire local ou votre groupe de soutien pour obtenir
de l'aide ou des conseils. Vous pouvez également contacter l'unité
des crimes motivés par la haine de la police de Toronto.
Qu'est-ce que le trouble (ou syndrome) de stress post-traumatique ?
Le trouble (ou syndrome) de stress post-traumatique est un état qui dure
trois mois ou plus. La personne atteint de ce trouble a vécu un événement
traumatisant qui lui a causé des dommages émotionnels et physiques
graves (par exemple, un accident grave, une catastrophe naturelle, une agression,
des mauvais traitements d'ordre sexuel, physique ou émotionnel ou de la négligence
grave pendant l'enfance).
Chez les personnes atteintes de ce trouble, le fait de vivre un traumatisme, ne
seraient-ce que la couverture répétée de l'actualité,
peut activer ou réactiver les symptômes du trouble de stress post-traumatique.
Ces symptômes peuvent comprendre le manque d'émotions, des troubles
du sommeil comme des cauchemars, des réactions émotionnelles ou physiques
démesurées ou des déclencheurs qui rappellent à la personne
l'événement, l'irritabilité ou des explosions de colère,
une difficulté de concentration, des réactions inattendues démesurées.
Les personnes atteintes du trouble de stress post-traumatique peuvent revivre
leur traumatisme, avoir des souvenirs pénibles de l'événement
qu'elles ont vécu et s'imaginer le revivre en période d'éveil.
Pour de plus amples renseignements sur le trouble de stress post-traumatique, consultez
le site Web de l'Association canadienne pour la santé mentale à : http:www.cmha.ca (ou http://www.cmha.ca/french/info_centre/mh_pamphlets/mh_pamphlet_27.htm
pour le dépliant sur le trouble de stress post-traumatique).
Quelles peuvent être les conséquences pour une personne venant d'un
pays où elle a connu la guerre ou une autre forme de traumatisme ?
Les personnes qui ont survécu une guerre, l'agitation politique ou la torture
dans leur pays d'origine peuvent avoir des difficultés particulières
; elles peuvent par exemple ressentir en ce moment un sentiment d'insécurité.
Leurs expériences avec des traumatismes vécus dans le passé
peuvent être activées ou réactivées parce que ces personnes
sont plus vulnérables aux effets d'une autre expérience traumatique.
Si vous avez des difficultés, adressez-vous à votre médecin
de famille, à un autre fournisseur de soins de santé ou à un
membre de votre clergé ou de votre groupe communautaire pour obtenir de l'aide.
L'Association canadienne pour la santé mentale offre des versions de ses
dépliants en ligne, en plusieurs langues comprenant le farsi/dari, le grec,
l'italien, le polonais, le portugais, le somali, le serbo-croate, le tamoul et l'urdu.
Veuillez consulter son site Web à : www.cmha.ca,
et rechercher sa section Infocentre (Centre d'information).
Entre autres ressources qui pourraient vous aider :
- Women's Health in Women's Hands -- un centre de santé communautaire
participatif pro-choix, antiraciste et multilingue, pour les femmes de diverses origines,
de Toronto et des municipalités voisines. Appelez le 416-593-7655 ou consultez
son site Web à : http://www.whiwh.com/who.htm.
- Le Canadian Refugee and Immigrant Counselling Service offre du counseling
aux réfugiés et aux immigrants. Appelez le 416-506-1163.
- Le Centre canadien pour victimes de torture offre un soutien pour la santé
mentale et le bien-être social aux réfugiés et aux immigrants.
Appelez le 416 363-1066, ou consultez le site Web à : http://www.icomm.ca/ccvt.
- Le centre multiculturel de Kitchener-Waterloo énumère sur
son site les organismes du Canada qui offrent du soutien aux nouveaux Canadiens.
Veuillez consulter le site Web à : http://www.kwmc.on.ca/links/isa.html.
Il est également important que les amis et collègues des personnes
qui ont vécu la guerre soient sensibles au stress particulier que ces personnes
peuvent éprouver en ce moment. Apportez-leur le soutien nécessaire,
montrez-leur du respect et soyez à leur écoute chaque fois que vous
le pouvez.
Que peut-on faire pour aider les enfants à composer avec cette situation
?
Il existe de nombreux sites Web offrant des recommandations sur la façon
de venir en aide aux enfants de tous les âges pour qu'ils puissent composer
avec la guerre et le conflit à l'échelle globale. L'une des recommandations
sur laquelle sont d'accord la plupart des experts, c'est de pas les exposer outre
mesure à la couverture de la guerre aux nouvelles. Les sentiments et les pensées
des enfants et des adolescents envers la guerre devraient faire l'objet d'une attention
particulière. Les réponses des adultes aux questions des enfants devraient
rassurer ces derniers sur leur sécurité et leur fournir les renseignements
appropriés à leur âge et à leur degré de maturité.
Le bureau des Services d'urgence de Santé Canada possède un site
Web qui permet de consulter des dépliants sur des sujets comme la façon
d'aider votre enfant et votre adolescent à composer avec le terrorisme et
les conflits armés. Veuillez consulter le site à : http://www.hc-sc.gc.ca/pphb-dgspsp/emergency-urgence/index_f.html.
La American Psychological Association offre sur son site Web une collection d'articles
comportant des conseils pour les parents et enseignants sur la façon d'aider
les enfants de tous les âges à développer une flexibilité
d'adaptation pendant ces périodes pénibles. Veuillez consulter le site
à : http://helping.apa.org/resilience/war.html.
La National Mental Health Association offre également un variété
des conseils pour aider les enfants, les jeunes, les étudiants et les adultes
à composer avec le stress de la guerre. Elle offre également des conseils
aux familles de militaires. Veuillez consulter le site Web à : http://www.nmha.org.
Souvenez-vous que la période que nous traversons est difficile, mais, prendre
le temps de connaître les ressources appropriées, rechercher de l'aide
et se soutenir mutuellement nous permettra de mieux composer avec la situation et
de consolider notre collectivité.

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