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À partir du numéro Hiver 2002, le Journal de toxicomanie et de santé mentale est publié, en anglais seulement, sous son nouveau nom -- CrossCurrents.

 

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Thérapie et action communautaire pour les mères des victimes de violence de rue

En avril 2000, le fils* de 13 ans de Dawn Drummond se rendait à un match de basket-ball dans une banlieue de Toronto quand un homme armé, roulant dans une voiture, s'est mis à tirer au hasard. Les piétons ont couru se mettre à l'abri, mais le fils de Dawn se trouvait dans la ligne de tir. Il a reçu une balle dans la tête et perdu un Òil -- victime d'un acte de violence insensé.

Deux ans plus tard, Dawn évoque sa réaction en apprenant la nouvelle. « Vous ne ressentez rien, parce que vous mourez, se rappelle-t-elle. Vous êtes dans un tel état de choc que tout votre corps est paralysé. Je me souviens être à l'hôpital, entourée de mes amis et de ma famille, mais de me sentir seule... de me sentir mourir à l'intérieur ».

Après la tragédie, Dawn, qui est téléphoniste, s'est impliquée dans deux projets qui l'ont aidée à reprendre le dessus. D'abord elle a participé à l'établissement du groupe United Mothers Opposing Violence Everywhere (UMOVE) à Toronto, composé surtout de mères d'enfants tués. Puis, avec son fils, elle a commencé à consulter Teresa Marsh, thérapeute auprès des victimes traumatisées et responsable du Programme de traitement de la toxicomanie pour les jeunes Afro-canadiens et des Caraïbes (PTTJAC) au Centre de toxicomanie et de santé mentale.

Teresa Marsh décrit le traumatisme comme la conséquence naturelle chez le témoin ou la victime d'un événement terrifiant, comme la guerre, la violence, les mauvais traitements durant l'enfance, l'agression sexuelle et la torture. Les victimes ne se remettent pas facilement d'une expérience traumatisante.

Certaines victimes, comme Dawn, deviennent apathiques. D'autres deviennent agressives et colériques. Si cette colère est dirigée intérieurement, elle peut conduire à l'autodestruction, à des problèmes de toxicomanie et au suicide. Si elle est dirigée extérieurement, elle peut provoquer des crises de violence et de rage, explique Teresa Marsh.

Un traumatisme peut aussi altérer la perception de soi. Les victimes se sentent souvent dévalorisées et deviennent dépressives ; elles ont plus de difficulté à conserver un emploi et à entretenir un logement. Ces facteurs peuvent en retour pousser une personne à adopter un comportement criminel pour survivre.

Si le traumatisme est dévastateur pour ses victimes, il a aussi de graves répercussions sociales. « Sans intervention thérapeutique, la personne traumatisée devient souvent un fardeau pour le système de justice, de santé et de l'aide sociale, et une menace à la sécurité publique », ajoute Teresa Marsh.

Étant donné ces risques, les conseillers qui traitent les personnes traumatisées doivent prendre soin d'établir une relation de confiance avec elles. Cette relation doit être fondée, selon Teresa Marsh, sur « l'acceptation, l'écoute, l'amour, la compassion et la bienveillance » .

Pour instaurer cette confiance, la théra-peute s'est rendue au domicile de la famille Drummond pour la première consultation. Ce geste a profondément touché Dawn, qui a dit « s'être sentie très à l'aise » pendant cette première rencontre l'été dernier. Les visites suivantes, généralement au bureau de Teresa, ont été extrêmement bénéfiques pour la mère et pour le fils, soutient Dawn.

Il est aussi important d'enseigner à la personne traumatisée l'importance de prendre soin d'elle-même grâce à des techniques qui lui permettent de se détendre dans les moments d'anxiété. « Ces techniques peuvent être extrêmement utiles quand le client prend conscience de la gravité de son traumatisme et cherche des façons d'exprimer ses sentiments », explique Teresa Marsh.

Les conseillers doivent s'assurer que le client peut compter sur un solide réseau d'amis et de parents. Ce réseau est important parce que la thérapie « ouvre souvent la voie entre autres à une foule de flash-backs, de mauvais rêves et de comportements autodestructeurs », poursuit la thérapeute.

Dawn, par exemple, a obtenu un immense soutien de UMOVE. « Chaque mère connaissait le genre de douleur que j'endurais, se rappelle Dawn, c'était un tel soulagement de savoir que je pouvais parler de ce que je ressentais et que les gens pouvaient s'identifier à moi. »

Outre sa mission d'entraide, UMOVE milite sur le plan politique. Après une recrudescence de meurtres parmi les jeunes noirs à Toronto, le groupe a orga-nisé une vigile pour la paix à Nathan Phillips Square, à l'automne 2001. L'organisme espère participer à des réunions de sensibilisation de la collectivité, comme des séminaires dans les écoles, dit Audette Shephard, l'actuelle présidente de UMOVE.


En attendant, Dawn Drummond incite les personnes traumatisées à demander de l'aide. « Il est impossible de surmonter une telle douleur par soi-même... il faut l'exprimer, en parler, la verbaliser. Or, cela ne se fait pas seul ».

* nom confidentiel

Nate Hendley

Pour de plus amples renseignements, communiquez avec Audette Shephard, présidente, UMOVE, 545, rue Sherbourne, app. 2001, Toronto (Ontario) M4X 1W5, tél. : 416 922-1783.

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