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À partir du numéro Hiver 2002, le Journal de toxicomanie et de santé mentale est publié, en anglais seulement, sous son nouveau nom -- CrossCurrents.

 

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Le point sur la recherche

La méthadone serait risquée pour les porteurs du VIH

Selon une nouvelle étude de l'hôpital pour enfants de Philadelphie, en Pennsylvanie, la méthadone augmente l'infectivité du VIH dans des cultures de cellules sanguines et de tissu cérébral humains. L'ajout de méthadone aux cultures de cellules mononucléées de sang périphérique provenant de porteurs du VIH augmente les taux d'activation et de réplication du virus. Les chercheurs croient que cela peut être attribuable à l'activation de l'élément promoteur de la longue répétition terminale (LTR) du VIH. La présence de méthadone augmente considérablement les taux d'infection dans les cultures de microglie de fÒtus humain (un type de tissu cérébral) et de macrophages dérivés de monocytes du sang, lorsque ces cultures sont exposées au VIH. L'effet sur les macrophages peut être dû à une production réduite de chimiokines ß et à l'activité accrue du récepteur CCR5 sur les macrophages, conjuguées à l'activation de la LTR. Ces résultats soulèvent des inquiétudes quant à l'utilisation de la méthadone pour traiter la dépendance aux opiacés chez les porteurs du VIH. Toutefois, puisque ces effets négatifs n'ont pas été clairement démontrés chez les clients suivant un traitement à la méthadone, d'autres études s'imposent pour déterminer les effets de la méthadone sur l'infection par le VIH et le sida.
 
The Journal of Infectious Diseases, vol. 185 (1er janvier 2002), p. 118-122. Yuan Li et coll., The Children's Hospital of Philadelphia, Philadelphie (Pennsylvanie).

Lien entre enfance maltraitée et schizophrénie

Les adultes atteints de schizophrénie pourraient avoir développé la maladie par suite de violence subie pendant l'enfance, selon des chercheurs de la Nouvelle-Zélande et du Canada. De nombreuses études démontrent les taux élevés de violence physique et sexuelle chez les adultes atteints de schizophrénie ou d'autres troubles psychotiques. Les chercheurs soulignent aussi que les victimes de violence et les personnes schizophrènes manifestent des anomalies semblables dans la structure et la biochimie du cerveau, entre autres une hyperactivité de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, une détérioration de l'hippocampe, l'atrophie cérébrale, l'hypertrophie ventriculaire, l'asymétrie cérébrale inversée, l'augmentation de l'activité dopami-nergique et la diminution de l'activité sérotoni-nergique. Ces anomalies peuvent être le résultat d'une hyperexcitation (réaction attaque-fuite) ou d'une dissociation (réaction immobilité-abdication) en réponse à des traumatismes graves ou prolongés durant l'enfance.
Les chercheurs soulignent toutefois que la plupart des victimes de violence ne deviennent pas schizophrènes, et que toutes les personnes schizophrènes n'ont pas été victimes de violence pendant leur enfance. Par contre, le degré de violence pourrait être, en partie, un élément prédicteur de la maladie. Pour les chercheurs, la peur d'être accusé de s'attaquer à la famille ne doit pas empêcher d'exa-miner le rôle des mauvais traitements pendant l'enfance dans la schizophrénie. Les chercheurs soulignent également le besoin urgent d'un traitement efficace pour les survivants de violence atteints de schizophrénie.

Psychiatry, vol. 64, no 4 (hiver 2001), p. 319-337. John Read et coll., département de psychologie, Université d'Auckland, Auckland, Nouvelle-Zélande.

Troubles panique et bipolaire, une même origine ?

Il semble exister un lien génétique entre le trouble panique et le trouble bipolaire chez les familles où il y a une forte incidence de trouble bipolaire. Des chercheurs de l'Université Johns Hopkins à Baltimore (Maryland) ont étudié 203 familles dont au moins l'un des membres était atteint du trouble bipolaire. Les personnes atteintes du trouble bipolaire ou de dépression unipolaire récurrente qui avaient un parent atteint du trouble bipolaire jumelé à des attaques de panique avaient 75 p. 100 plus de risque d'être aussi atteintes du trouble panique. Les membres atteints du trouble bipolaire avaient 55 p. 100 plus de risque d'être atteints du trouble panique que les membres atteints de dépression unipolaire. Toutefois, la concomitance du trouble bipolaire et du trouble panique chez une personne ne signifiait pas que les autres membres de la famille atteints du trouble bipolaire avaient aussi un trouble panique.

Ces résultats mettent en lumière la complexité du rôle de la génétique dans ce domaine. Selon les chercheurs, la concomitance du trouble bipolaire et du trouble panique pourrait être due à la variation d'un gène unique ou à une combinaison de gènes chez certaines personnes. Le trouble panique pourrait aussi être une réaction aux symptômes dépressifs ou maniaques du trouble bipolaire.

American Journal of Psychiatry, vol. 159, no 1 (janvier 2002),p. 30-35. Dean F. MacKinnon et coll., département de psychiatrie et des sciences du comportement, faculté de médecine de l'Université Johns Hopkins, Baltimore (Maryland).

Inefficacité de l'acuponcture dans le traitement de la cocaïnomanie

L'acuponcture, même si on y a souvent recours pour traiter la cocaïnomanie, n'aurait aucun effet appréciable. Des chercheurs américains ont observé 412 cocaïnomanes dans trois cliniques affiliées à un hôpital et 208 clients en traitement de maintien à la méthadone qui faisaient usage d'opiacés et de cocaïne. Environ le tiers ont reçu un traitement d'acuponcture auriculaire conformément aux directives de la National Acupuncture Detoxification Association (NADA). Des aiguilles d'acuponcture ont aussi été insérées à des points non approuvés par la NADA chez le deuxième groupe, tandis qu'un vidéo de relaxation a été présenté au troisième. Les clients du traitement de maintien continuaient à recevoir de la méthadone.

À la fin du traitement de huit semaines et lors du suivi au bout de six mois, l'usage de cocaïne avait diminué mais demeurait sensiblement le même dans les trois groupes. En outre, aucune différence notable n'a été relevée sur le plan des indicateurs de toxicomanie, par exemple l'emploi, la famille, les problèmes juridiques ou psychiatriques. L'acuponcture, utilisée seule, ne serait donc pas un traitement efficace de la cocaïnomanie, mais pourrait servir de traitement accessoire.

Journal of the American Medical Association, vol. 287, no 1 (2 janvier 2002), p. 55-63. Arthur Margolin et coll., faculté de médecine de l'Université Yale, New Haven (Connecticut).

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Le méthadone serait risquée pour les porteurs du VIH

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Troubles panique et bipolaire, une même origine?

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