 
Les jeunes Ontariens fument moins,
mais boivent plus
Pour la première fois en dix ans, la consommation de drogues chez les jeunes
Ontariens n'a pas augmenté en 2001, mais elle demeure supérieure à
celle du début des années 1990. C'est ce que révèle le
Sondage sur la consommation
de drogues parmi les élèves de l'Ontario, mené en 2001 par
le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CTSM). « L'escalade de
la consommation de drogues du début des années 1990 a ralenti, déclare
le Dr Edward Adlaf, scientifique du CTSM respon-sable du sondage. Nous sommes heureux
de constater que l'usage de drogues illicites n'a pas augmenté, même
s'il dépasse encore celui du début des années 1990. »
Entre 1999 et 2001, trois drogues ont connu une baisse : l'usage de la cigarette
est passé de 29 à 24 p. 100 -- son taux le plus bas depuis 1977, année
du premier sondage ; celui des solvants est passé de sept à six pour
cent, et celui du LSD, de sept à cinq pour cent. En dépit de ces baisses,
on ne note aucune diminution importante de la proportion des élèves
qui consomment des drogues illicites, soit 33 p. 100, comparé à 19
p. 100 en 1993.
Malgré la hausse moins prononcée de la consommation de drogues entre
1999 et 2001, l'usage d'alcool demeure problématique. En 2001, 63 p. 100 des
jeunes ont signalé avoir bu de l'alcool, comparé à 57 p. 100
en 1993 ; le pourcentage des jeunes qui boivent jusqu'à l'ivresse est passé
de 17 à 27 p. 100 ; celui des jeunes qui déclarent avoir bu excessivement
-- cinq verres ou plus en une seule occasion -- s'élevait à 25 p. 100,
en hausse de 18 p. 100. Et 32 p. 100 des jeunes ont avoué être montés
dans une voiture dont le conducteur avait bu.
Les résultats du sondage servent à élaborer des programmes
sur l'alcool et les drogues pour les jeunes Ontariens. Si le sondage ne signale aucune
augmentation notable de l'usage de drogues, il est inquiétant de constater
que les adolescents conti-nuent de consommer de grandes quantités d'alcool.
« La réduction du tabagisme témoigne de l'attention que les bailleurs
de fonds, élaborateurs de politique et politiciens ont portée à
cette question », déclare Pat Sanagan, coordonnatrice du Partenariat
ontarien de sensibilisation aux drogues. « Si l'on accordait la même
attention aux problèmes liés à l'alcool et aux autres drogues,
on pourrait obtenir des résul-tats similaires. »
Devant les résultats du sondage de 1999, renforcés par ceux de 2001,
selon lesquels le problème de la consommation excessive d'alcool persiste,
un groupe d'organismes d'éducation publique sur l'alcool et les autres drogues
envisage la mise sur pied d'une campagne provinciale de communication sur la consommation
dangereuse d'alcool chez les mineurs, ajoute Pat Sanagan. Les services d'éducation
et de soutien de Parents Against Drugs ont également produit une vidéocassette
relatant l'histoire vraie d'un empoisonnement à l'alcool afin de sensibiliser
les jeunes aux dangers des soirées.
Il faut également élaborer des stratégies pour contrer les
nouvelles tendances, notamment l'usage de drogues de club. Les élèves
de 9e année et ceux du Nord et de l'Ouest de l'Ontario consomment de plus
en plus d'ecstasy. Le CTSM a relancé son site Web Le party virtuel (www.virtual-party.org)
dans le cadre de sa campagne d'éducation et de réduction des méfaits
afin de répondre au besoin grandissant des jeunes d'obtenir de l'information
conviviale sur les drogues, y compris l'alcool et l'ecstasy. Le CTSM a également
participé à la production d'un clip vidéo et d'une carte postale
informative dans le cadre d'une campagne d'éducation publique sur les drogues
de club. La campagne vise à réduire les méfaits associés
à l'usage de drogues et à enseigner aux jeunes comment réagir
en cas d'urgence.
Étant donné les résultats mixtes du sondage, le Dr Adlaf
est d'avis « qu'il est préférable de les voir comme une stabilisation
de l'augmentation de la consommation plutôt que comme une baisse substantielle.
» Bien que ce sondage soit un précieux indicateur des progrès
réalisés dans la prévention et l'éducation, les résultats
actuels révèlent tout le travail qui reste encore à accomplir.
Hema Zbogar

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