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À partir du numéro Hiver 2002, le Journal de toxicomanie et de santé mentale est publié, en anglais seulement, sous son nouveau nom -- CrossCurrents.

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K-PAX

De prime abord, le résumé du film semblait assez saugrenu : un extraterrestre (Kevin Spacey en l'occurrence, portant des lunettes de soleil) quitte sa planète natale, K-PAX, située à un millier d'années lumières dans la constellation de Lrya, et arrive à la gare Grand Central de New York avec pour mission d'étudier les habitants d'une planète de type « BA-3 ». Prot -- ainsi se surnomme-t-il -- se retrouve en détention à la suite d'une agression, puis la police l'interne à l'institut psychiatrique de Manhattan.

Depuis toujours, les films grand public dépeignent les gens atteints de troubles mentaux d'une manière inexacte et condescendante, et les établissements qui les hébergent, de façon irréaliste. J'étais donc curieuse de voir comment le dernier film hollywoodien, dont l'intrigue se déroule en majeure partie dans un service psychiatrique, allait aborder ces thèmes.

À certains égards, K-PAX est d'une naïveté déconcertante. Le réalisateur affirmerait que l'amour, la compassion et l'espoir peuvent non seulement soulager, mais guérir, les troubles mentaux, d'où l'effet de la gentillesse de Prot sur les autres patients de l'unité. Et que dire du Dr Mark Powell (Jeff Bridges), psychiatre traitant de Prot ? D'une séance à l'autre, ce médecin blasé et arrogant, généreux pourvoyeur de pilules, se transforme en psychothérapeute soucieux et compatissant, résolu à guérir Prot de ses étranges délires.

De plus, le film présente des personnages dont la « folie » ne se manifeste que sous forme monosymptomatique : l'homme qui a la phobie des microbes ; la femme qui attend depuis 11 ans un appel de son prince charmant, et qui rappelle le personnage de Blanche dans Un tramway nommé Désir, de Tennessee Williams ; le client obsessionnel-compulsif qui ne tient pas en place, jusqu'à ce que Prot le charge de trouver un merle-bleu.

Malgré ces défauts -- et d'autres éléments ridicules, comme le fait qu'un psychiatre boive du scotch avec son patient pour faire passer une séance parti-culièrement éprouvante et l'invite dans sa famille pour célébrer l'Action de grâce -- j'avoue que... ce film m'a plu.

Peut-être ai-je tout simplement aimé l'idée d'un être bénévole, arrivant de nulle part, qui, tout au long de son périple, offre compassion et réconfort sans rien demander en retour. Peut-être ai-je apprécié voir des patients se rétablir sans médicament et un médecin parler à son client, un processus par lequel il en apprend autant sur lui-même que sur son client. Peut-être ai-je aussi été séduite par l'idée qu'un homme puisse gérer son stress post-traumatique en imaginant un monde où les sociétés ne sont pas subdivisées en familles -- parce qu'il n'existe pas de famille, mais plutôt une vaste communauté -- et dans lequel la criminalité, les gouvernements et la loi n'ont pas leur place.

La brillante interprétation de Kevin Spacey donne au personnage de Prot un certain charme, une singularité remarquable qui nous attire dans l'histoire et nous rapproche de lui en tant que personne.

La scène du merle-bleu, dans laquelle patients, médecins et infirmiers sont tous rivés à la fenêtre, démontre combien le simple fait de se concentrer sur quelque chose de beau et d'insaisissable peut aider les gens à s'évader, ne serait-ce qu'un instant, d'une sombre existence.

Diana Ballon est rédactrice-réviseure pour les publications du CTSM.
 
K-PAX (2001, 118 min), réalisé par Iain Softley et distribué par Universal Pictures.

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