 |
 |
 |
 
Le point sur la recherche
Deux fois plus de risque de suicide chez les victimes d'AVC
Comparativement à la population générale, les victimes d'accidents
vasculaires cérébraux (AVC) sont presque deux fois plus susceptibles
de se suicider au cours des années suivant l'AVC. Des chercheurs de l'Université
de Copenhague ont suivi 114 098 victimes d'AVC au Danemark, entre 1979 et 1993. Dans
ce groupe, 359 cas de suicide ont été relevés, ce qui représente
une incidence annuelle de 83 cas pour 100 000 personnes contre 45 cas pour 100 000
(prévision) dans la population générale. Plus élevés
chez les hommes, les taux de mortalité atteignaient leur point culminant chez
les victimes de moins de 50 ans, peut-être en raison des plus grands boule-versements
et des changements plus radicaux de style de vie qu'entraînent les AVC chez
les jeunes victimes. Les séjours plus longs à l'hôpital étaient
associés à un risque de suicide moins élevé, peut-être
parce qu'un AVC grave rend physiquement plus difficile le geste permettant le suicide.
Le risque de suicide était le plus élevé durant les cinq années
suivant l'AVC. De l'avis des auteurs, les cliniciens doivent surveiller de près
les tendances suicidaires chez les victimes d'AVC, en particulier les clients relativement
jeunes, et au cours des quelques années suivant l'AVC.
Journal of Epidemiology and Community Health, décembre 2001, vol.
55, n° 12, p. 863À866. T.W. Teasdale et A.W. Engberg, département de psychologie,
Université de Copenhague, Copenhague, Danemark.
L'abstinence pourrait guérir les lésions cérébrales
des personnes alcooliques
La sobriété prolongée pourrait réparer en partie les
lésions cérébrales structurelles dues à l'abus chronique
d'alcool. Des chercheurs de San Francisco ont étudié huit gros buveurs,
12 personnes se réta-blissant d'une dépendance à l'alcool (abstinentes
depuis deux ans en moyenne) et 13 sujets témoins. Ils se sont servis de l'imagerie
par résonance ma- gnétique (IRM) pour observer la modification de la
matière grise et blanche dans le cerveau des participants et de la spectroscopie
par résonance magnétique pour mesurer les transformations des métabolites
du cerveau. Comparativement aux gros buveurs, les personnes en rétablissement
avaient beaucoup moins de lésions à la matière blanche, davantage
de matière grise dans certaines régions du cerveau et de matière
blanche dans les lobes frontaux, qui augmentait proportionnellement à la durée
de l'abstinence. Aucune différence signifi-cative n'a été observée
dans les concentrations de métabolites. Les lésions à la matière
blanche des personnes en rétablissement étaient comparables à
celles des sujets en santé du groupe témoin, laissant à supposer
qu'une guérison de certaines régions du cerveau est possible. Les lésions
à la matière blanche, courantes chez les gros buveurs, disparaîtraient
grâce à une abstinence prolongée.
Alcoholism: Clinical and Experimental Research, novembre 2001, vol. 25,
n° 11, p. 1673À1682. Joseph O'Neill et coll., centre médical du département
des anciens combattants, San Francisco (Californie).
Enfants élevés en ville et risque de schizophrénie
Les enfants élevés dans les grandes villes sont presque trois fois
plus susceptibles de développer une schizophrénie que ceux élevés
en région rurale, d'après une étude de l'Université d'Aarhus
au Danemark. À l'aide du système danois d'enregistrement des déclarations
d'état civil, où sont conservés tous les changements d'adresse
depuis 1971, les chercheurs ont étudié 1,89 millions de personnes nées
entre 1956 et 1983, dont 8 235 diagnostiquées schizophrènes avant 1998.
Par rapport aux enfants élevés en région rurale, ceux qui avaient
passé leurs 15 premières années à Copenhague, plus grande
ville du pays, étaient 2,75 fois plus vulnérables à la schizophrénie.
En général, le risque augmentait avec le degré d'urbanisation
(qui tient compte de la population et de la nature de l'endroit -- capitale, banlieue
de la capitale ou région rurale) et le nombre d'années passées
en milieu urbain.
Chaque tranche de cinq ans vécue dans les milieux les plus urbanisés
augmentait le risque de 40 p. 100. Selon l'analyse, le niveau de risque n'était
pas influencé par le degré d'urbanisation à la naissance, mais
par des facteurs survenant durant l'enfance. Ces conclusions semblant contredire
des études précé- dentes, elles devront être vérifiées
par de plus amples recherches. Même s'ils ignorent les facteurs urbains en
cause, les chercheurs proposent d'exa-miner l'influence des infections, de l'alimentation
et de la pollution.
Archives of General Psychiatry, novembre 2001, vol. 58, n° 12, p. 1039À1046.
Carsten Bøcker Pedersen et Preben Bo Mortensen, institut pour la recherche
fondamentale en psy-chiatrie, Université d'Aarhus, Aarhus, Danemark.
Le Ritalin est-il efficace à long terme ?
Si l'efficacité à court terme du Ritalin contre le trouble déficitaire
de l'attention ne fait aucun doute, son efficacité à long terme a été
remise en question lors d'une méta-analyse d'essais cliniques. Des chercheurs
du Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario, à Ottawa, se sont
penchés sur 62 études auprès de 2 897 sujets ayant un trouble
déficitaire de l'attention, avec ou sans hyperactivité. Ils ont découvert
que la qualité des recherches laissait à désirer (peu d'entre
elles comparaient le Ritalin à un placebo) et que certaines études
mettant en doute l'efficacité du médicament avaient été
étouffées. Comme neuf des études seulement avaient duré
plus de quatre semaines, il y a lieu de s'interroger sur l'efficacité et la
sécurité du Ritalin lorsqu'il est administré pendant de longues
périodes à des enfants. Le trouble déficitaire de l'attention
sans hyperactivité (p. ex. l'inattention, plus courante chez les filles que
chez les garçons) était rarement mentionné, d'où l'impossibilité
de généraliser les conclusions pour les filles. Les auteurs de la méta-analyse
soulignent la nécessité de procéder à une vaste étude
de plus de 14 mois si l'on souhaite dé montrer l'efficacité et la sécurité
du Ritalin à long terme. Entre-temps, ils recommandent aux cliniciens d'examiner
avec soin les bienfaits et les effets secon-daires du médicament avant de
le prescrire et de bien surveiller leurs clients durant le traitement.
Journal de l'Association médicale canadienne, 27 novembre 2001,
vol. 165, n° 11, p. 1475À1488. Howard M. Schachter et coll., Institut de recherche
du Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario, Ottawa (Ontario).

|
 |
|
 |