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Le point sur la recherche
Antécédents de violence
chez les jeunes usagers de drogue
Les jeunes aux prises avec un problème de toxicomanie auraient été
victimes de violence physique ou sexuelle près de deux fois plus souvent que
le reste de la population, d'après une étude du Centre de toxicomanie
et de santé mentale (CTSM). Les chercheurs du CTSM ont interrogé 287
sujets de 14 à 24 ans ayant été traités pour leur toxicomanie.
Dans cet échantillon, les antécédents de violence physique s'élevaient
à 59 p. 100 chez les femmes et à 26 p. 100 chez les hommes, tandis
que les agressions sexuelles atteignaient 50 p. 100 chez les femmes et dix p. 100
chez les hommes. Chez les personnes ayant signalé des antécédents
de violence, les femmes étaient plus portées que les hommes à
consommer de l'alcool ou des drogues pour composer avec leur traumatisme. Même
s'ils ont établi un lien entre difficulté à gérer la
colère et consommation d'alcool, les chercheurs n'ont pu déterminer
si l'alcool ou les autres drogues servaient de mécanisme d'adaptation à
la colère ou s'ils la déclenchaient. Ces conclusions font ressortir
la nécessité d'interroger les jeunes usagers de drogue sur les traumatismes
qu'ils auraient pu vivre.
Revue canadienne de psychiatrie, septembre 2001, vol. 46, no 7, p. 617-621.
Bruce C. Ballon et coll., Service de traitement de la toxicomanie chez les jeunes,
Université de Toronto, Centre de toxicomanie et de santé mentale, Toronto,
Ontario.
Différences raciales et
excès alimentaires chez les femmes
Aux États-Unis, les femmes blanches semblent huit fois plus susceptibles
d'avoir déjà souffert de boulimie que les femmes noires. Les chercheurs
rattachés au projet sur la santé des femmes de Nouvelle-Angleterre
ont étudié 150 femmes ayant des épisodes d'excès ali-mentaires
(98 femmes blanches et 52 femmes noires) et un groupe témoin de 150 sujets.
Dans le groupe expérimental, les femmes blanches se préoccupaient davantage
de leur poids, silhouette, alimentation et régimes que les femmes noires,
qui étaient moins susceptibles d'avoir été traitées pour
un trouble de l'alimentation. Ces résultats pourraient expliquer l'incidence
variée des cas de boulimie au sein de diverses races. Le degré de préoccupation
était consi-dérablement inférieur chez les membres du groupe
témoin, quelle que soit leur race. Les femmes noires atteintes de ce trouble
étaient moins susceptibles d'avoir été traitées pour
un problème d'alimentation que les femmes blanches. Les excès alimentaires
étaient associés à des niveaux supérieurs de troubles
de l'humeur et anxieux chez les femmes noires comme chez les femmes blanches, alors
que ces dernières avaient presque deux fois plus de probabilités d'avoir
eu un problème d'alcool ou de drogue. Selon les chercheurs, les femmes blanches
et noires courent un risque similaire d'excès alimentaires, mais chez les
femmes blanches, l'obsession de la minceur augmente leur risque d'être atteinte
de boulimie.
American Journal of Psychiatry, septembre 2001, vol. 158, no 9, p. 1455-1460.
Kathleen M. Pike et coll., département de psychiatrie, Université Columbia,
New York, New York.
Risque de délinquance perceptible
dès l'âge de 3 ans
Les problèmes de comportement observés chez des enfants de trois
ans à peine peuvent indiquer un risque accru de délinquance à
l'âge adulte, selon des chercheurs de l'Université de Southampton au
Royaume-Uni. Ceux-ci ont examiné le casier judiciaire de 828 adultes de 23
ou 24 ans initialement évalués à l'âge de trois ans dans
le cadre d'une étude épidémio-logique. La présence de
comportements rebelles et d'hyperactivité en bas âge correspondait à
un risque élevé de condamnations pour activités criminelles
à l'âge adulte (après le 17e anniversaire). Les sujets qui faisaient
des crises de colère à trois ans étaient plus susceptibles d'être
condamnés pour des crimes violents à l'âge adulte. Si l'énurésie
et l'incontinence fécale semblaient à prime abord associés à
la criminalité à l'âge adulte, c'était uniquement parce
que l'incidence des problèmes d'incontinence était plus élevée
chez les garçons que chez les filles. Couplés à l'hyperactivité,
les comportements d'extériorisation comme les crises de colère et la
rébellion représentent peut-être des manifestations précoces
d'un comporte-ment qui se perpétue à l'âge adulte. Les auteurs
précisent que les prévisions basées sur ces profils com-portementaux
ont leurs limites et que les répercussions d'un diagnostic erroné sur
les enfants et leur famille ne justifient pas des interventions ciblées.
British Journal of Psychiatry, septembre 2001, vol. 179, p. 197-202. Jim
Stevenson et Robert Goodman, centre de recherche sur le développement psychologique,
département de psychologie, Université de Southampton, Southampton,
Royaume-Uni.
Hommes et femmes se livrent au
jeu pour différentes raisons
Selon une étude comparative de 349 hommes et 213 femmes qui se livrent
au jeu de hasard et d'argent, les motivations des joueurs diffèrent selon
le sexe et se traduisent par des problèmes de nature distincte. Des chercheurs
de l'Université Yale ont interrogé des personnes ayant appelé
une ligne d'aide sur le jeu problématique en 1998-1999. Les problèmes
liés à des jeux stratégiques ou en « face à face
» (p. ex. black-jack ou poker) étaient plus fréquents chez les
hommes, tandis que les difficultés liées à des jeux non stratégiques
et moins interpersonnels (p. ex. machines à sous ou bingo) revenaient plus
souvent chez les femmes. Les hommes ont indiqué davantage de problèmes
d'alcool et d'arrestations liées au jeu, alors que les femmes s'étaient
plus souvent fait traiter pour un trouble mental, sans lien avec le jeu. Ces résultats
confirment les conclusions d'études précédentes selon lesquelles
les femmes ont plus tendance à jouer pour oublier leurs problèmes et
les hommes pour rivaliser avec d'autres joueurs et goûter à l'euphorie
du risque. Compte tenu de la nature distincte de leurs motivations et difficultés,
les hommes et les femmes ont probablement besoin d'être traités pour
leurs problèmes de jeu au moyen de stratégies différentes.
American Journal of Psychiatry, septembre 2001, vol. 158, no 9, p. 1500-1505.
Marc N. Potenza et coll., département de psychiatrie, école de médecine
de l'Université Yale, New Haven, Connecticut.

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