Centre de toxicomanie et de santþ mentale

Programmes de toxicomanie

Programmes de santþ mentale

Services d'þducation et de santþ communautaire

Recherche

 
CTSM

Le Journal

À partir du numéro Hiver 2002, le Journal de toxicomanie et de santé mentale est publié, en anglais seulement, sous son nouveau nom -- CrossCurrents.

La Fondation du CTSM Éducation Publications Bénévoles Carrières
 

Accès aux soins de soutien facilité par des groupes d'entraide en ligne

par Nate Hendley

Vous êtes un adolescent atteint d'un grave handicap physique qui vous empêche de fonctionner en société ; vous êtes une femme toxicomane qui se sent mal à l'aise au sein d'un groupe de soutien constitué en majorité d'hommes ou vous souffrez d'une dépression et vous êtes incapable d'assister à des réunions régulières à cause de conflits d'horaires de travail ou de votre éloignement géographique. Comment allez-vous donc pouvoir communiquer avec vos pairs, échanger de l'information, donner et recevoir du soutien et discuter des problèmes qui vous touchent ?

De plus en plus, la réponse est l'Internet. L'expansion soudaine du World Wide Web a entraîné la prolifération des groupes de soutien en ligne, qui permettent aux gens de communiquer entre eux par Internet ou d'autres cyberservices dans l'intimité de leur domicile ou à partir d'un terminal public.

Tout comme les autres groupes de soutien traditionnels, ces cyber-organismes abordent des thèmes tels que la toxicomanie, la santé mentale et les handicaps. « Les groupes d'entraide rassemblent des gens qui s'aident en aidant les autres », explique Roya Rabbani, directrice administrative du Self Help Resource Centre, un organisme torontois de coordination pour les organismes de soutien. « Ces groupes s'appuient sur l'apprentissage par l'expérience. Vous avez vécu quelque chose en rapport avec une question ou un problème précis, et vous le partagez. »

En plus d'offrir nombre des avantages des groupes traditionnels, les groupes d'entraide en ligne jouissent d'une technologie qui leur permet de se multiplier et d'accroître leurs capacités et leur accessibi-lité. L'Internet permet de contourner la difficulté de se rencontrer en personne qui autrefois les empêchait d'appartenir à des groupes.

Selon Gerry Cooper, directeur de programme au bureau du Centre de toxicomanie et de santé mentale à Sudbury, l'Internet présente aussi des avantages uniques. M. Cooper a mené une étude sur GAweb, un ancien groupe d'entraide consacré au jeu problématique. « La plupart des gens se sont joints au groupe en raison de son côté pratique, explique-t-il. Les sites tels que GAweb sont accessibles 24 heures sur 24, sept jours sur sept, peu importent les conditions climatiques, la localisation ou les empêchements courants comme le problème de garde d'enfants, l'anxiété ou les craintes vis-à-vis de la confidentialité.

Dans l'espace cybernétique, le sexe, l'origine ethnique ou le statut socio-économique sont difficiles à discerner. L'anonymat est une caractéristique séduisante de l'Internet pour ceux qui trouvent difficile de parler en public ou de discuter de leurs problèmes. « On est tous égaux sur Internet. Les préjugés associés à l'âge, à l'apparence ou aux handicaps n'ont plus de prise », fait remarquer la Dre Arlette Lefèbvre, psychiatre à l'hôpital pour enfants malades de Toronto.

La Dre Lefèbvre a contribué à la fondation d'Ability OnLine, un site Web de soutien basé à Toronto et destiné aux jeunes gens souffrant de handicaps et de maladies chroniques. Lancé dans les années 1990, ce site donnait accès à des informations sur la santé, grâce à un babillard électronique, ancêtre du World Wide Web. Aujourd'hui, des jeunes du monde entier utilisent Ability OnLine pour envoyer des courriels, participer à des groupes de discussion et aborder divers problèmes. Ce site étouffe les préjugés qui entourent généralement leur handicap. Aimie Rout, une citoyenne de Whitby, Ontario, âgée de 25 ans, est membre de Ability OnLine. Depuis 1989, elle souffre d'une tumeur récidivante au cerveau. Pour elle, Ability OnLine est un véritable cadeau du ciel. « J'ai enfin ressenti un sentiment d'ap-partenance après avoir été rejetée par mes camarades d'école », déclare Aimie.

La peur du rejet et la gêne en public comptent parmi les raisons qui découragent aussi les gens en proie à une toxicomanie ou une maladie mentale de se joindre à des groupes de soutien traditionnels. Près des trois quarts des répondants dans l'étude de Gerry Cooper ont déclaré avoir évité les rencontres en personne en raison des préjugés associés au jeu problématique.

Même si Marie, une joueuse compulsive du Sud de l'Ontario, n'a pas participé à l'étude, elle dit que les préjugés ont sérieusement entravé sa recherche de soutien. « J'ai toujours été raisonnable financièrement, jusqu'au moment où le jeu est entré dans ma vie. C'est pourquoi j'ai de la difficulté à dévoiler mon problème », affirme Marie, qui préfère garder l'anonymat. La représentation inégale des hommes et des femmes dans les groupes d'entraide auxquels elle a pris part n'a pas facilité les choses. « La grande majorité des participants aux réunions de Gamblers Anonymes sont des hommes, dit Marie. Je me sentais mal à l'aise. » Elle s'est alors tournée vers GAweb où elle a pu communiquer avec ses pairs, peu importe qu'ils soient des hommes ou des femmes. Elle s'est également sentie en mesure de parler de son probléme de jeu. « C'est peut-être plus facile d'admettre son problème en ligne », poursuit-elle.

Lori Swagers, 46 ans, d'Oshawa, Ontario, relate une expérience semblable à celle de Marie sur le site Web Lifeline. Atteinte d'un trouble anxieux, Lori est tombée sur ce site alors qu'elle cherchait de l'aide en pleine crise de panique. Lifeline offre de l'information et un babillard électronique aux gens atteints de troubles anxieux. Tout comme Marie, Lori préfère l'Internet aux groupes d'entraide. « Je préfère de loin l'environnement du site, dit-elle. Ça me rendrait très mal à l'aise de discuter de mes problèmes en personne... Je me sentirais jugée, même si ce n'était pas le cas. »

Les participants à l'étude sur GAweb ont décrit des expériences similaires. « Beaucoup d'entre eux avouent être plus francs en ligne qu'en tête-à-tête », reprend M. Cooper. Cette formule présente aussi un avantage imprévu : elle pousse à une plus grande analyse de soi-même. « Certains devaient vraiment s'efforcer de trouver le mot juste pour décrire leurs sentiments, et cela les a peut-être obligés à pénétrer au plus profond d'eux-mêmes », explique-t-il. Environ 70 p. 100 des participants ont déclaré avoir noté des différences dans leurs habitudes de jeu depuis qu'ils fréquentaient GAweb. Plus des trois quarts aimeraient d'autres types de soutien par le biais de l'Internet.

Malgré ces résultats éloquents, le soutien en ligne n'a rien d'une panacée. « Les rencontres en personne présentent des avantages, dit Aimie Rout, de sa maison à Whitby. Ces réunions ajoutent la dimension de la présence qui fait défaut en ligne. »

De plus, bien que l'Internet facilite l'accès aux groupes de soutien, la connexion même au réseau peut s'avérer un problème. Il faut disposer d'un ordinateur ou résider dans un secteur ayant des terminaux d'accès à l'Internet. Il faut également connaître les outils informatiques et le jargon des sites.

L'anonymat de l'Internet offre la sécurité dont certaines personnes ont besoin, mais il peut donner lieu à des comportements irrespon-sables, voire dangereux. Le groupe en ligne Anorexic Pros vous accueille par le message suivant : « Nous sommes ici pour nous entraider et apprendre les uns des autres. Bienvenue à toutes et à tous ! Toutefois, si vous vous opposez de quelque façon à l'anorexie ou la boulimie, ce groupe n'est pas pour vous ». (Traduction libre)

De l'avis général, l'avenir des groupes d'entraide en ligne ne semble pas menacé. Comme le fait remarquer le Dr Tom Ferguson, écrivain et médecin surnommé le « père de l'entraide en ligne », les services de santé sur Internet connaissent une popularité grandissante. Son site Web (www.fergusonreport.com) expose les résultats d'un sondage qu'il a effectué en 1999 auprès de 1 000 membres de Sapient Health Network, un organisme qui offre de l'aide aux personnes atteintes de maladies graves ou chroniques.

« Nous leurs avons demandé laquelle de ces trois ressources -- groupe d'entraide en ligne, médecin ou spécialiste -- leur était la plus utile pour 12 aspects des soins de santé », précise le Dr Ferguson. Les 191 membres qui ont répondu ont voté en faveur des groupes de soutien en ligne pour dix des 12 aspects proposés dont « information la plus complète sur ma maladie », « meilleur soutien affectif », « meilleure commodité » et « meilleur niveau de compassion et d'empathie ». Bon nombre de répondants considéraient les groupes en ligne comme un havre précieux où ils se sentaient bien accueillis, valorisés et compris dans les moments de découragement et d'impuissance face à leur maladie. » Ses résultats reflètent ceux de Gerry Cooper : dans les deux cas, le soutien en ligne a fourni aide, espoir et, surtout, un incitatif au traitement. « L'aide en ligne peut être un moyen extraordinaire d'amener les gens à se faire traiter, affirme M. Cooper. Des gens qui, en d'autres circons-tances, ne feraient pas cette démarche et qui vraisemblablement souffriraient en silence. »


Voici une sélection de groupes d'entraide en ligne (en anglais seulement)

Healthy Place -- www.healthyplace.com -- pour les personnes ayant unetoxicomanie ou un trouble mental ; groupes de discussion et information en ligne

Lifeline -- designandcopy.ca/lifeline -- pour les personnes ayant un trouble anxieux ; babillard électronique

Narcotiques Anonymes -- basicwebpage.org/index.html -- groupes de discussion et réunions en ligne

Walkers in Darkness -- www.walkers.org -- pour les personnes atteintes de dépression ou de trouble bipolaire ; groupes de discussion, conférences virtuelles et listes d'envoi

haut

In English / Chercher / Bibliothèque du CTSM / Activité / Aide / Guide du Centre

 

 

Seuls les articles ayant un lien (soulignés) peuvent être consultés en ligne.
Pour plus de renseignements, composez les numéros en
bas de page.

 

Le Journal janvier - février 2002
Groupes d'entraide et de soutien communautaire

 
Vous êtes ici :
CTSM > Le Journal > janvier - février 2002 > Accès aux soins de soutien facilité par des groupes d'entraide en ligne
Pages apparentées
Depuis le 11 septembre 2001 (more links)
 
Numéros précédents
Numéro courant
Information d'abonnement
Message de la rédactrice en chef
Nouvelles du Centre

Groupes d'entraide et de soutien communautaire

Groupes de soutien en santé mentale adapté aux réalités culturelles

Accès aux soins de soutien facilité par des groupes d'entraide en lligne

Lueur d'espoir pour les délinquants sexuels grâce à un programme de soutien

Q et R : Les groupes des Douze Étapes pour les toxicomanies

Actualité

Renouer les relations brisées par la violence envers les personnes âgées

Terrorisme et escalade du stress

Le point sur la recherche

Antécédents de violence chez les jeunes usagers de drogue

Différences raciales et excés alimentaires chez les femmes

Risque de délinquance perceptible dès l'âge de 3 ans

Hommes et femmes se livrent au jeu pour différentes raisons

En bref

Guerre antidrogue en Russie

Le sommeil pourrait prédire la dépression chez les adolescents

Comptes rendus

Sober for Good : Tirer un enseignement des personnes qui ont triomphé de l'alcool

Le dernier mot

Tirons-nous le maximum des Alcooliques Anonymes ?
Conférences
Téléchargé
Que contient la version imprimée?
Bien plus...
Journal Index
-- of Mental Health Articles / PDF
--
of Addiction Articles / PDF
(available only in English)
Comment nous joindre
 

 

 

Free Acrobat ReaderVous n'avez pas Acrobat Reader ?

Téléchargez-le gratuitement à partir de ce site-ci.

 


Pour plus de renseignements, contactez:

Le Journal de toxicomanie et santé mentale
Centre de toxicomanie et de santé mentale
33, rue Russell
Toronto (Ontario)
Canada M5S 2S1
Tel:(416) 595-6714
Télécopieur : (416) 595-6881
public_affairs@camh.net

Publicité: Tel:(416) 595-6059
Abonnement: Tel:1-800-661-1111
ou Tel:(416) 595-6059 au Toronto

OU

CTSM Service du marketing
marketing@camh.net

STIPULATION D'EXONÉRATION - Le Centre n'est pas en mesure de fournir des diagnostics, traitements ou services d'orientation par le moyen de l'Internet. Quiconque souhaite obtenir des renseignements complémentaires devrait contacter son médecin de famille, ou l'agence de santé mentale ou de toxicomanie de sa localité.

haut

© Centre de toxicomanie
et de santé mentale
Maple Leaf
33, rue Russell
Toronto (Ontario) Canada M5S 2S1Téléphone : (416) 535-8501

Le Centre de toxicomanie et de santé mentale est complètement affilié
à
l'Université de Toronto.

Veuillez acheminer tout commentaire, toute critique ou question d'ordre technique concernant le présent site à webmaster@camh.net.

     


 


This page was last modified on Tuesday, March 4, 2003 3:41 PM