 
Le point sur la recherche
Les gènes pourraient
influencer les attitudes
Selon des chercheurs de l'Université de Western Ontario et de
l'Université de la Colombie-Britannique, les attitudes pourraient
être davantage attribuables à des facteurs génétiques
que nous sommes portés à le croire. Ces chercheurs ont étudié
les attitudes de 195 couples de vrais jumeaux et 141 couples de faux jumeaux
de même sexe à l'égard d'une grande variété
de sujets. Même si l'existence de facteurs environnementaux distincts
s'est révélée le plus important prédicateur
des attitudes, l'étude a pu établir un lien significatif
entre les gènes et 26 des 30 attitudes examinées. Le lien
le plus marqué était celui qui touchait les attitudes envers
la lecture, l'avortement, les sports organisés, les tours de montagnes
russes et la peine de mort. Les attitudes à l'égard du partage
sexuel des rôles, du bingo, de l'accès aux contraceptifs
et de l'affirmation de soi ne semblent pas liées aux gènes.
Parmi les cinq facteurs généraux régissant la personnalité
qui ont été examinés, la sociabilité, l'agressivité
et la persévérance semblent avoir un lien significatif avec
les gènes. Les chercheurs pensent que les gènes créent
des prédispositions générales qui augmentent les
possibilités d'adopter certaines attitudes.
Journal of Personality and Social Psychology, vol. 80, no 6 (2001),
p. 845-860. James M. Olson et coll., département de psychologie,
Université de Western Ontario, London (Ontario).
Effets de la cocaïne
sur le foetus remis en question
Des chercheurs de l'Université de Boston remettent en question
la croyance populaire selon laquelle la consommation de cocaïne durant
la grossesse aurait des répercussions graves sur le foetus. Ils
ont tiré cette conclusion d'une méta-analyse de 36 études
menées entre 1984 et 2000. Après avoir tenu compte d'autres
facteurs pouvant agir sur le développement de l'enfant, y compris
l'exposition aux drogues comme l'alcool et le tabac, ils ont conclu que
la cocaïne avait peu d'effets sur la croissance, le développement
ou le langage. Exception faite du travail d'un chercheur, ils n'ont pu
trouver aucun lien entre l'exposition à la cocaïne et les
troubles de comportement. Certaines études ont révélé
des effets néfastes sur le développement moteur, mais uniquement
durant les sept premiers mois suivant la naissance. Selon les chercheurs,
cela peut être dû à une importante exposition au tabac
durant la grossesse. Même si la cocaïne s'avérait néfaste
au développement de l'enfant, les auteurs pensent que les politiques
concernant la stérilisation ou la poursuite en justice des mères
aux prises avec une dépendance enfreignent les normes acceptables
de la déontologie médicale et des libertés civiles.
De telles politiques pourraient aussi dissuader les femmes enceintes d'obtenir
des soins prénatals ou un traitement de la toxicomanie.
The Journal of the American Medical Association, vol. 285, no
12 (28 mars 2001), p.1613-1625. Deborah A. Frank et coll., école
de médecine de l'Université de Boston (Massachusetts)
Habitudes de consommation
constatées dans les raves
Des chercheurs britanniques ont identifié parmi les personnes
qui prennent des drogues lors de raves des habitudes de consommation «
particulières ». Ils ont fondé leurs conclusions sur
les déclarations de 122 usagers actuels qui participent à
des raves à Édimbourg, en Écosse. Parmi ces personnes,
66 p. 100 prenaient plusieurs drogues à la fois, surtout de l'ecstasy
et des amphétamines, qu'elles combinaient entre elles ou à
d'autres drogues, et 85 p. 100 mélangeaient drogues et alcool.
Au moment de l'étude en 1998-1999, la cocaïne était
la troisième drogue la plus courante dans les clubs, reflétant
une hausse de l'usage de cette drogue au Royaume-Uni. Vu les propriétés
toxicomanogènes de la cocaïne, son usage risque de passer
de récréatif à problématique. Sous l'effet
des drogues, le tiers des répondants ont admis conduire, avoir
des rapports sexuels sans protection ou des expériences désagréables.
Selon les chercheurs, les efforts déployés pour réduire
la consommation de drogues durant ce genre de soirées devront tenir
compte des habitudes de « mélanges de drogues » ainsi
que des attitudes d'une clientèle qui n'affiche normalement pas
de dépendance aux drogues et qui n'est pas marginalisée
économiquement ni socialement.
Addiction, vol. 96, no 7 (juillet 2001), p. 1035-1047. Sarah C.E.
Riley et coll., département de psychologie, Université de
Bath, Bath (Royaume-Uni).
Effets similaires de
la psychothérapie et des antidépresseurs sur l'activité
cérébrale
L'antidépresseur Paxil (paroxétine) et la thérapie
interpersonnelle (TI) semblent avoir des effets similaires sur le métabolisme
du cerveau dans le traitement de la dépression majeure. Des chercheurs
de l'Université de la Californie à Los Angeles ont utilisé
la tomographie par émission de positons pour mesurer l'activité
cérébrale de 24 patients atteints de trouble dépressif
majeur comparativement à 16 membres d'un groupe témoin.
Dix des patients ont reçu du Paxil pendant les 12 semaines du traitement
et 14 ont suivi une thérapie interpersonnelle. La TI met l'accent
sur la socialisation du patient. À la fin du traitement, les 24
patients affichaient des baisses significatives de leurs résultats
à l'échelle de dépression de Hamilton, de l'ordre
de 61 p. 100 chez les usagers de Paxil et de 38 p. 100 chez les sujets
en thérapie. Les tomographies ont permis de constater une normalisation
de l'activité cérébrale chez les deux groupes de
patients. Selon les chercheurs, les effets de la thérapie sur le
cerveau pourraient être le résultat de changements dans les
sections du cerveau associées à la mémoire ou la
socialisation.
Archives of General Psychiatry, vol. 58 (juillet 2001), p. 631-650.
Arthur L. Brody et coll., département de psychiatrie et des sciences
bio-comportementales, Université de la Californie à Los
Angeles (Californie).

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