Centre de toxicomanie et de sant¹ mentale

Programmes de toxicomanie

Programmes de sant¹ mentale

Services d'¹ducation et de sant¹ communautaire

Recherche

 
CTSM

 

Le Journal

À partir du numéro Hiver 2002, le Journal de toxicomanie et de santé mentale est publié, en anglais seulement, sous son nouveau nom -- CrossCurrents.

La Fondation du CTSM Éducation Publications Bénévoles Carrières
 

Q et R : Établissement des immigrants et des réfugiés

Combien d'immigrants et de réfugiés le Canada admet-il chaque année ? Quels sont les critères d'admission ?

Le Canada admet environ 225 000 immigrants par année, dont 20 000 réfugiés. Les immigrants sont choisis en fonction d'un système de points qui évalue leur contribution possible au Canada. Par exemple, la connaissance du français ou de l'anglais, un diplôme universitaire ou l'exercice d'un métier recherché sont des critères qui donnent des points. Les réfugiés sont admis pour des raisons humanitaires, le plus souvent à cause de la guerre qui sévit dans leur pays ou de la persécution dont ils sont victimes en raison de leurs croyances religieuses ou politiques. Ils doivent prouver que leur vie pourrait être en danger s'ils retournaient dans leur pays. Selon le Dr Morton Beiser, chef du Programme d'études sur la culture, la communauté et la santé du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CTSM), ces différences établissent de grandes distinctions entre immigrants et réfugiés.


Quels sont les facteurs d'établissement qui peuvent nuire au bien-être des nouveaux arrivants ?

Ces facteurs diffèrent selon l'âge et le sexe, précise le Dr Ralph Masi, fondateur du Conseil canadien de la santé multiculturelle et professeur agrégé en sciences de la santé publique et médecine communautaire à l'Université de Toronto. Les jeunes peuvent avoir de la difficulté à se faire accepter parce que leur façon de s'exprimer ou leurs repères culturels sont différents. Il leur arrive aussi d'être victimes de racisme. « Les jeunes ont parfois des comportements agressifs mus par la colère ou tombent dans la dépression », explique-t-il. Les femmes et les personnes âgées peuvent ressentir la perte de leur indépendance et de leurs structures de soutien social. Il peut leur être difficile de faire leurs achats ou d'établir de nouvelles relations s'ils connaissent mal la langue du pays ou le système des transports en commun.

Même si les immigrants sont admis en fonction de leurs compétences, les employeurs peuvent ne pas les prendre en considération. Il faut parfois dix ans avant qu'un immigrant puisse atteindre son plein potentiel économique. Trente pour cent des familles immigrantes ayant des enfants vivent sous le seuil de la pauvreté. « Notre nation a l'obligation de veiller à ce que les immigrants et réfugiés qui s'établissent ici soient pris en charge », affirme Martha Ocampo, codirectrice du centre de santé mentale torontois Across Boundaries.


Quelle est la prévalence des troubles de santé mentale parmi les immigrants et réfugiés ? La durée du séjour au Canada affecte-t-elle cette prévalence?

Il est difficile de mesurer et encore plus de traiter les problèmes de santé mentale et de toxicomanie chez ces populations, soutient Martha Ocampo. Il faut éviter de généraliser, précise le Dr Beiser, car les immigrants et réfugiés ont non seulement des antécédents, des attentes et des espoirs très différents, mais il y a d'importantes distinctions à faire entre les deux groupes.

Les études qui se poursuivent indiquent que « la plupart des immigrants et des réfugiés ne deviennent pas la proie de la maladie mentale ou de la toxicomanie, poursuit le médecin. Les problèmes de santé mentale de ces groupes n'ont rien d'unique, à l'exception peut-être du trouble de stress post-traumatique. »

Certaines études révèlent que les immigrants ont « une meilleure santé mentale que les Canadiens d'origine, en particulier leurs enfants. Rien d'étonnant vu les critères très rigoureux d'admission au pays », enchaîne le médecin.


Les immigrants ou réfugiés sont-ils plus enclins à boire ou à consommer d'autres substances pour composer avec leur nouvel environnement ?

« Je ne dirais pas qu'ils sont plus enclins que l'ensemble de la population, mais c'est une façon pour eux de faire face aux difficultés, comme n'importe qui », note Martha Ocampo. « Un des problèmes est le lien étroit qui existe entre la toxicomanie, la pauvreté et les conditions de vie difficiles », ajoute le Dr Beiser.


Quels sont les principaux obstacles auquels font face ces groupes pour obtenir un traitement ?

Dans de nombreux pays, les préjugés entourant la maladie mentale sont encore plus prononcés qu'en Amérique du Nord, ce qui explique la réticence à obtenir de l'aide. Selon une étude du CTSM, les immigrants chinois frappés d'un premier épisode psychotique attendent plus longtemps avant de se faire traiter. La définition de la maladie mentale peut aussi être différente. Dans certaines cultures, la dépression, par exemple, est considérée comme une faiblesse de caractère ou un problème externe dont on doit discuter avec un chef religieux ou un aîné de la famille, mais pas avec un professionnel de la santé.

Il y a aussi le problème de la langue. « Nous entendons certainement beaucoup parler du manque d'interprètes ou de formation des personnes à qui nous faisons appel », affirme le Dr Beiser. Il arrive que des parents qui servent d'interprètes déforment ce que dit le client ou que le client ne veuille pas révéler certains détails en leur présence.

Il peut être difficile pour les personnes ayant un travail mal rémunéré ou précaire d'avoir accès aux services, reprend le Dr Beiser. « Elles ne peuvent pas s'absenter durant la journée pour aller chez le médecin et encore moins pour obtenir des services de santé mentale. Les services ne sont souvent pas offerts aux heures où elles peuvent se libérer. » Entre outre, souligne le Dr Masi, elles ne peuvent pas se payer les médicaments nécessaires. Il faut aussi noter notre méconnaissance des normes culturelles de certaines populations. « Notre système s'appuie sur l'indépendance et l'autonomie alors que bien des cultures misent sur l'interdépendance et la famille. Peu de professionnels de la santé savent comment agir à ce niveau. »


Le succès du traitement dépend-il du succès de l'intégration ?

Il existe une corrélation entre la santé mentale et certains des facteurs d'intégration -- p. ex. la langue et l'emploi. « Ces facteurs constituent toutefois des facteurs de risque pour quiconque, tant pour les immigrants et les réfugiés que pour l'ensemble de la population », affirme le Dr Beiser. Plutôt que de demander aux immigrants et aux réfugiés de s'intégrer, le Dr Masi propose de se poser la question suivante : Que fait notre société pour répondre aux besoins des immigrants et des réfugiés ? Plus nous réussirons à les intégrer, mieux notre société s'en portera. Je crois que la société canadienne repose sur l'intégration. »


Sources : Strangers Becoming Us ; Dr Morton Beiser, chaire David Crombie sur le pluralisme culturel et la santé, chef du Programme d'études sur la culture, la communauté et la santé du CTSM et directeur du centre d'excellence en recherche sur l'immigration et l'établissement de Toronto ; Dr Ralph Masi, professeur agrégé en sciences de la santé publique et médecine communautaire à l'Université de Toronto et fondateur du Conseil canadien de la santé multiculturelle ; Martha Ocampo, codirectrice d'Across Boundaries ; site Web de Citoyenneté et Immigration Canada.


haut

In English / Chercher / Bibliothèque du CTSM / Activité / Aide / Guide du Centre

 

 

Seuls les articles ayant un lien (soulignés) peuvent être consultés en ligne.
Pour plus de renseignements, composez les numéros en
bas de page.

 

Le Journal novembre - décembre 2001
Les nouveaux Canadiens

 
Vous êtes ici :
CTSM > Le Journal > Volume 4 Numéro 6 > Q et R : Établissement des immigrants et des réfugiés
Pages apparentées
Numéros précédents
Numéro courant
Information d'abonnement
Message de la rédactrice en chef
Nouvelles du Centre

Les nouveaux Canadiens

Panser les plaies des enfants de la guerre

Chômage et sous-emploi: Le manque d'espoir joue sur la santé mentale

Stella

La jeunesse: Grandir ici quand on vient d'ailleurs

Q et R : Établissement des immigrants et des réfugiés

Actualité

Un nouvel institut fédéral encourage la recherche innovatrice

Sortir de l'internement : D'anciens patients hospitalisés réintègrent la société

Le point sur la recherche

Les gènes pourraient influencer les attitudes

Effets de la cocaïne sur le f“tus remis en question

Habitudes de consommation constatées dans les raves

Effets similaires de la psychothérapie et des antidépresseurs sur l'activité cérébrale

En bref

Crainte d'une épidémie de suicides chez les Autochtones

La cigarette «embaumée», le tout dernier stimulant

Comptes rendus

L'usage des opiacés change

Le dernier mot

Le trouble dysphorique prémenstruel: un diagnostic légitime
Conférences
Téléchargé
Que contient la version imprimée?
Bien plus...
Journal Index
-- of Mental Health Articles / PDF
--
of Addiction Articles / PDF
(available only in English)
Comment nous joindre
 

 

 

Free Acrobat ReaderVous n'avez pas Acrobat Reader ?

Téléchargez-le gratuitement à partir de ce site-ci.

 


Pour plus de renseignements, contactez:

Le Journal de toxicomanie et santé mentale
Centre de toxicomanie et de santé mentale
33, rue Russell
Toronto (Ontario)
Canada M5S 2S1
Tel:(416) 595-6714
Télécopieur : (416) 595-6881
public_affairs@camh.net

Publicité: Tel:(416) 595-6059
Abonnement: Tel:1-800-661-1111
ou Tel:(416) 595-6059 au Toronto

OU

CTSM Service du marketing
marketing@camh.net

STIPULATION D'EXONÉRATION - Le Centre n'est pas en mesure de fournir des diagnostics, traitements ou services d'orientation par le moyen de l'Internet. Quiconque souhaite obtenir des renseignements complémentaires devrait contacter son médecin de famille, ou l'agence de santé mentale ou de toxicomanie de sa localité.

haut

© Centre de toxicomanie
et de santé mentale

33, rue Russell
Toronto (Ontario) Canada M5S 2S1Téléphone : (416) 535-8501

Le Centre de toxicomanie et de santé mentale est complètement affilié
à
l'Université de Toronto.

Veuillez acheminer tout commentaire, toute critique ou question d'ordre technique concernant le présent site à webmaster@camh.net.

     


 


This page was last modified on Tuesday, March 4, 2003 3:47 PM