 
Message de la rédactrice
en chef
J'éprouve un sentiment étrange en écrivant ce message,
maintenant que je ne suis plus la rédactrice en chef du Journal.
J'ai en effet décidé récemment de relever un nouveau
défi en tant que rédactrice-réviseure pour les publications
du Centre.
La décision n'a pas été facile. C'était un
grand privilège de travailler au Journal, entourée littéralement
de douzaines de personnes -- des travailleurs de première ligne,
des clients, des conseillers en politiques -- qui m'ont offert des suggestions
d'articles et ont partagé avec moi ce qu'ils font et souvent ce
qu'ils ressentent dans leur vie quotidienne et au travail.
Seule revue spécialisée en toxicomanie et santé
mentale au Canada, le Journal a choisi de suivre certaines normes : respecter
la voix et la contribution des clients, se pencher sur les questions qui
ne font pas nécessairement la manchette des médias, et maintenir
un équilibre entre les percées scientifiques et les traitements
parallèles. Étant donné la diversité de notre
lectorat -- professionnels, clients et familles -- , nous nous sommes
efforcés de présenter l'actualité en fournissant
suffisamment d'information pour les lecteurs moins versés dans
le domaine.
Le présent numéro est le fruit d'une collaboration : je
me suis chargée des affectations tandis qu'Anita Dubey, l'ancienne
rédactrice en chef du Journal, a fait le travail de révision
et accepté d'assumer mon poste durant l'intérim.
Notre gros plan sur les immigrants et les réfugiés effleure
certains des problèmes de santé mentale et de toxicomanie
auxquels se heurtent ces populations. En choisissant ce thème,
nous n'avons AUCUNEMENT voulu présumer que les immigrants et réfugiés
souffraient davantage de ce type de problèmes que la population
native du Canada, ni d'ailleurs que les expériences des immigrants
étaient similaires à celles des réfugiés.
Comme l'explique Morton Beiser, chef du Programme d'études sur
la culture, la communauté et la santé du Centre de toxicomanie
et de santé mentale, les immigrants et réfugiés ont
des avenirs et des passés différents qui auront une influence
sur leur santé mentale. Si les immigrants ont choisi de quitter
leur pays en espérant une amélioration de leur existence
au Canada, les réfugiés, par contre, tentent d'échapper
à la guerre, à la violence, voire même à la
torture. Contrairement aux immigrants, les réfugiés ne pourront
peut-être jamais retourner dans leur pays.
Dans ce numéro, la rubrique Q et R
et un article sont consacrés aux expériences de ces populations
dans le monde du travail ; un article est consacré aux enfants
de la guerre, un autre traite des jeunes immigrants. N'oubliez pas
de lire l'analyse de Ian Kinross sur les effets
de la désinstitutionalisation de deux patients ayant vécu
pendant plusieurs années dans une unité psychiatrique.
Et, pour finir, la rubrique Le dernier mot de ce numéro nous offre
une autre perspective sur le « trouble dysphorique prémenstruel
».
Ce numéro est pour moi le dernier de 14 dans lesquels j'espère
vous avoir présenté des questions qui influenceront votre
réflexion sur les différents aspects de la toxicomanie et
de la santé mentale et qui auront alimenté le débat
essentiel à des changements dans ces domaines.
Je me retire donc du Journal pour me joindre à vous, ses fidèles
lectrices et lecteurs.
Diana Ballon

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