 
Un nouvel institut fédéral
encourage la recherche innovatrice
À peine sorti de l'“uf, l'Institut des neurosciences, de la santé
mentale et des toxicomanies (INSMT) prévoit déjà
de grands projets. Dans un proche avenir, il espère octroyer des
millions de dollars en recherche innovatrice et multidisciplinaire et
créer des partenariats avec des groupes intéressés
par ses projets.
Son plan est de faire avancer la recherche en « stimulant la collaboration
entre scientifiques de tous genres », de dire le directeur scientifique
de l'INSMT, le Dr Rémi Quirion.
L'INSMT est l'un des treize instituts membres -- tous spécialisés
dans un domaine de recherche -- qui forment les Instituts de recherche
en santé du Canada (IRSC). Cet organisme, fondé le 7 juin
2000, est le principal organisme fédéral du Canada axé
sur la recherche en santé. Doté d'un budget de près
de 500 millions de dollars pour l'exercice 2001-2002, il offre plus de
3 200 subventions de recherche.
Les Instituts de cet organisme ont vu le jour en janvier 2001. Ce sont
des instituts satellites « virtuels » qui “uvrent dans les
universités, les hôpitaux et les centres de recherche des
quatre coins du pays et qui sont liés au siège social, à
Ottawa. Ils se penchent sur tous les aspects de la santé : nutrition,
santé publique, génétique, santé des Autochtones,
cancer, vieillissement, etc.
L'INSMT, établi à Montréal, s'occupe des questions
de psychiatrie et de toxicomanie, ainsi que des problèmes neurologiques,
comme le fonctionnement cognitif et les répercussions des traumatismes
crâniens.
Les scientifiques qui étudient ces questions peuvent obtenir de
l'aide financière de deux façons. Ceux qui sont autonomes
font directement appel à l'organisme IRSC et non à un institut
en particulier. Les instituts s'occupent des subventions appartenant à
la catégorie des « initiatives stratégiques »
qui ont une portée plus vaste et qui englobent plus de disciplines
que les subventions individuelles.
« D'ordinaire, une équipe de chercheurs propose une initiative
stratégique dans le cadre d'une démarche collective »,
commente le Dr Quirion. Les instituts peuvent stimuler ce genre d'initiatives
stratégiques en organisant des conférences et des ateliers
sur des thèmes précis.
« Les initiatives stratégiques doivent porter sur au moins
deux des quatre « pivots » de recherche de l'IRSC »,
déclare le Dr Richard Brière, directeur adjoint de l'INSMT.
Ces pivots sont la recherche biomédicale, la recherche clinique,
les soins de santé et la recherche sur les facteurs socioculturels
qui peuvent influencer la santé de la population.
Un projet de recherche biomédicale pourrait porter sur certains
gènes ou la sérotonine, et une étude clinique examiner
les effets de différentes modalités de traitement, comme
celui du maintien à la méthadone, explique le Dr Brière.
Un projet sur les soins de santé pourrait comparer l'efficacité
de différents traitements d'une maladie, et une étude sur
les facteurs socioculturels pourrait se pencher sur la perception de la
maladie mentale chez divers groupes culturels.
L'INSMT a un budget annuel de 2,5 millions de dollars pour les subventions
d'initiatives stratégiques.
Le Dr Quirion espère augmenter ces sommes en forgeant des partenariats
avec d'autres groupes, en demandant par exemple l'appui de la Société
canadienne de schizophrénie ou de l'Association des psychiatres
du Canada pour mener une étude sur la schizophrénie.
Il envisage également de collaborer avec des regroupements internationaux,
comme le National Institutes of Health (NIH) américain.
« Nous désirons maximiser chaque cent que nous recevons
du gouvernement fédéral. » Le Dr Quirion considère
IRSC comme une « merveilleuse aventure » et se montre très
optimiste.
« Nous avons tous les ingrédients pour réussir. Il
nous suffit d'attendre que les choses « prennent » et que
les chercheurs acceptent le concept de l'IRSC et de notre institut. Nous
devrons alors répondre aux attentes, qui sont très grandes,
conclut-il. »
Nate Hendley

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