 
Facteurs ethnoculturels
dans le traitement de la toxicomanie
« Aux États-Unis, les différents
groupes ethnoculturels (...) forment (...) une "salade ethnocultu-relle",
un mélange d'ingrédients ethniques et culturels qui se combinent
tout en conservant leurs "arôme et saveur" uniques ».
L'éditrice Shulamith Lala Ashenberg Straussner
emploie cette métaphore dans la préface de son livre Ethnocultural
Factors in Substance Abuse Treatment pour décrire la diversité
ethnoculturelle de nos voisins du Sud. Mais sa description pourrait aussi
bien s'appliquer au Canada, en particulier à Toronto, qui compte
environ 97 groupes ethnoculturels.
Le livre examine le contextede la toxicomanie parmi
19 groupes distincts de descendance africaine, autochtone américaine,
latino-américaine, européenne, moyen-orientale, asiatique
et autres.
Chaque chapitre décrit les habitudes de
consommation et de surconsommation dans le pays d'origine et aux États-Unis
et aborde le traitement dans le contexte de l'acculturation, des expériences
migratoires, de la religion, de la spiritualité, du rôle
de l'homme et de la femme, de la structure familiale et du VIH/sida.
Chaque collaborateur-spécialiste discute
des différences liées au sexe, à l'orientation sexuelle,
à l'âge, au stade de la vie et autres que l'on trouve au
sein des groupes. Le livre fournit d'excellents aperçus, même
s'il est parfois coupable de surgénéralisation dans son
traitement de sujets complexes.
Destiné aux thérapeutes qui traitent
les toxicomanes, il inclut des recommandations pratiques pour soigner
des clients de diverses origines ethniques, d'intéressants exemples
de cas et des options de rechange au modèle traditionnel des 12
étapes. La réduction des méfaits, les cercles deguérison
et les retraites bouddhistes sont autant d'options valables, selon l'appartenance
ethnoculturelle. Tous les auteurs soulignent l'importance de bien assortir
le style du thérapeute à l'approche thérapeutique.
Les questions ethnoculturelles sont souvent associées
à tort uniquement aux personnes « de couleur » ou de
langue étrangère. C'est pourquoi il est rafraîchissant
de voir une section entière réservée aux questions
spécifiques à six différents groupes ethnoculturels
de race blanche. Selon Katherine Stuart van Wormer, l'un des auteurs du
livre, « même les Américains les plus typiques...ont
leurs caractéristiques et particularités culturelles ».
L'éditrice a empreint l'ouvrage de son propre
combat d'identification ethnoculturelle. Elle a grandi sur trois continents
différents et dit avoir subi de la discrimination en tant que membre
d'une minorité ethnoreligieuse et appartenu à une majorité
puissante.
Le fait d'éditer deux livres connexes, Clinical
Work with Substance Abusing Clients (1993) et Gender and Addictions:
Men and Women in Treatment (1997), lui a fait prendre conscience de
l'importance des questionsde race, d'ethnicité, de culture et de
religion. Elle est aussi professeure de travail social à New York.
Bien qu'il concerne les États-Unis, son
dernier livre peut souvent être appliqué au contexte canadien,
à quelques modifications près. Il met l'accent sur l'existence
de différences au sein des divers groupes ethnoculturels. Si chaque
personne partage un passé et des caractéristiques avec les
membres de son groupe, il faut aussi tenir compte de ses propres antécédents
et de son contexte de vie tout particulier.
Tout clinicien qui souhaite parfaire ses connaissances
des particularités culturelles peut facilement se sentir dépassé
par l'énorme tâche que cela représente. Cependant,
il est impératif que les praticiens responsables trouvent des moyens
d'accroître leur sensibilité à l'égard des
questions culturelles et leurs compétences dans ce domaine. Les
livres comme celui-ci leur offrent un point de départ.
GLORIA CHAIM est directrice des services cliniques
du Programme
de traitement de la toxicomanie chez les populations particulières
du Centre de toxicomanie et desanté mentale.
Ethnocultural Factors in Substance Abuse Treatment.
Shulamith Lala Ashenberg Straussner (éd.), Guilford Press,
New York, 2001, 447 p.

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