 
Le point sur la recherche
Nouveaux
antipsychotiques loin d'être une panacée
La clozapine est plus efficace et a moins d'effets
indésirables chez les personnes atteintes de schizophrénie
résistante que l'ancienne génération d'anti-psychotiques
couramment administrés, ont conclu des chercheurs de l'école
de médecine de l'Université de la Caroline du Nord à
la suite d'une méta-analyse de 12 études contrôlées
sur les anti-psychotiques, menées auprès de 1 916 patients.
Siles données n'ont pas permis de conclure à l'efficacité
des antipsychotiques de seconde génération autres que la
clozapine, les chercheurs ont déterminé que, dans la plupart
des études, moins de la moitié des participants avaient
réagi positivement aux antipsycho-tiques de première ou
de deuxième génération.Les clients étaient
plus susceptibles de réagir àla clozapine qu'aux antipsychotiques
de première génération, mais l'amélioration
restait tout au plus modeste. Vu leurs coûts élevés,
la prise de poids qu'ils entraînent et les risques connexes pourla
santé, les médicaments de deuxième génération
ne constituent peut-être pas la percée à laquelle
on s'attendait. Selon les auteurs, il est « vital » de mettre
au point de nouveaux médicaments et traitements pour soigner la
schizophrénie résistante.
American Journal of Psychiatry, vol. 158,
no 4 (avril 2001), p. 518-526. Miranda Chakos et coll., département
de psychiatrie, école de médecine de l'Université
de la Caroline du Nord, Chapel Hill (Caroline du Nord).
Schizophrénie
liée à l'âge du père
Selon une étude américano-israélienne,
les enfants nés de pères âgés de 50 ans ou
plus sont trois fois plus susceptibles de développer la schizophrénie
que ceux nés de pères âgés de moins de 25 ans.
L'âge du père est également à l'origine de
plus du quart des cas de schizophrénie. Les chercheurs ont examiné
des données sur 87 907 personnes nées à Jérusalem
de 1964 à 1976 à la lumière de leurs dossiers au
registre psychiatrique d'Israël. À la finde 1997, 658 personnes
avaient reçu un diagnostic de schizophrénie ou de psychose
connexed'origine organique. L'échantillon était assez grand
pour permettre aux chercheurs d'évaluer le risque relatif, qui
augmenterait de façon linéaire selon l'âge du père.
Le risque de développer la schizophrénie avant l'âge
de 34 ans allait de 1 sur 141 chezles enfants nés de pères
de moins de 25 ans à 1 sur 47 chez ceux nés de pères
de 50 ans ou plus. Lorsqu'on tenait compte de l'âge du père,
celuide la mère n'avait pas d'impact significatif surle risque
de développer la schizophrénie. De plus, l'âge du
père et de la mère ne semblait pas avoir d'impact significatif
sur les maladies mentales autres que la schizophrénie. Les effets
de l'âge du père sur la schizophrénie sont probablement
dus aux multiples mutations des cellules germinales productrices de sperme,
qui se divisent beaucoup plus souvent au cours de la vie de l'homme que
celles de la femme.
Archives of General Psychiatry, vol. 58,
no 4 (avril 2001), p. 361-367. Dolores Malaspina et coll., département
de psychiatrie, institut psychiatrique de l'État de New York, Université
Columbia, New York (New York).
Tribunaux de traitement
de la toxicomanieet réductionde la criminalité
D'après des chercheurs de l'Université
Temple de Philadelphie, les tribunaux de traitement de la toxicomanie
peuvent aider à réduire la criminalité. Toutefois,
leur efficacité varie considérablement selon leur mode de
fonctionnement et de sélection des participants aux tribunaux.
Durant les années 1990, les chercheurs ont comparé un échantillonde
participants à des groupes témoins de Portland et de Las
Vegas. Ils ont conclu que les taux de récidive des participants
ayant satisfait aux exigences du tribunal étaient beaucoup plus
bas que ceux du groupe témoin et ceux des non-participants. Plus
les participants passaient de temps à suivre un traitement, plus
ils avaient de chances de satisfaire aux exigences et moins ils couraient
de risques de récidiver. De plus, le nombre d'occasions d'encourager
les par-ticipants à suivre un traitement, de souligner leurs progrès
ou de les menacer de sanctions augmentait avec la fréquence de
leurs comparutions devantle juge. Vers la fin des années 1990,
le tribunal de Las Vegas a modifié sa politique pour n'entendre
queles causes des personnes ayant plaidé coupables à des
accusations. Le tribunal s'est retrouvé avecles cas les plus graves
et ne pouvait donc plus offrir de rejeter les accusations ni de supprimer
les dos-siers criminels à titre incitatif. Les taux de récidive
des participants ont grimpé. Selon les chercheurs, la participation
à un traitement, le nombrede comparutions devant le juge et l'applicationde
sanctions constituaient les principaux déterminants du comportement
des contrevenants.
Journal of Drug Issues, vol. 31, no 1 (hiver
2001), p. 27-72. John S. Goldkamp et coll., Université Temple,
Philadelphie (Pennsylvanie).
Bienfaits d'une consommation
modérée d'alcool sur la santé
La majorité des Canadiens croient que la
consommation modérée d'alcool a des effets bénéfiques
sur la santé. C'est ce que des chercheurs du Centrede toxicomanie
et de santé mentale ont dégagéde la deuxième
Enquête nationale sur la santé de la population, menée
par Statistique Canada auprès de 72 375 personnes en 1996-1997.
De ce nombre, 57 p. 100 étaient de cet avis et 47 p. 100 chiffraient
à moins d'un verre par jour une consommation modérée,
ce qui cadre bien avec les preuves médicalesdes bienfaits d'un
faible niveau de consommation sur le système cardiovasculaire.
En supposant qu'ils boivent modérément (selon leur propre
définition de la modération), la majorité des répondants
ne courent pas de risque d'avoir des problèmes liésà
l'alcool. Or, même les personnes qui ne croient pas aux effets bénéfiques
de l'alcool boivent occasionnellement. Les chercheurs croient donc que
la promotion de l'alcool pour des motifs de santé n'est pas justifiée
et pourrait être mal interprétée.
Addiction, vol. 96, no 4 (avril 2001), p.
641-649. Alan C. Ogborne et Reginald G. Smart, Centre de toxicomanie et
de santé mentale, London et Toronto (Ontario).

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