 
Le point sur la recherche
Dépression
chez les perfectionnistes « mésadaptés »
Selon
des chercheurs de l'Université de l'État du Michigan, les
étudiants universitaires au perfectionnisme mésadapté
ou « dysfonctionnel » rapportent des dépressions significatives
sur le plan clinique. Les chercheurs ont mené deux études
sur 397 élèves classifiés comme perfectionnistes
adaptés ou mésadaptés, ou comme non-perfectionnistes.
Les perfectionnistes mésadaptés craignaient davantage de
se tromper, se fixaient des normes personnelles plus élevées
et doutaient davantage d'eux-mêmes. Ils avaient plus de difficultés
scolaires, et leurs parents étaient plus exigeants et critiques
envers eux. Les perfectionnistes adaptés se fixaient le même
genre de normes mais se préoccupaient moins de les respecter. Ils
étaient capables de gérer les défis scolaires et
personnels et déclaraient connaître moins de détresse
émotive que leurs homologues mésadaptés. Selon les
chercheurs, les conseillers úuvrant auprès d'étudiants
ayant des difficultés scolaires ou souffrant de dépression
devraient connaître les divers types de perfectionnisme et explorer
le sujet avec leurs clients. Ils pourraient renforcer les capacités
d'adaptation de l'étudiant et lui faire prendre conscience de la
futilité du perfectionnisme mésadapté.
Journal of Counselling Psychology, avril 2000, vol. 47, no 2,
p. 238-250, Kenneth G. Rice et coll., Université de l'État
du Michigan, East Lansing (Michigan).
Efficacité
des méthodes autonomes d'abandon du tabac à chiquer
Selon
des chercheurs de l'Institut de recherche de l'Oregon ayant testé
deux traitements auprès de 198 personnes, les traitements d'autocessation
prodigués par téléphone ou par la poste sont une
façon prometteuse et peu coûteuse de mettre fin à
une dépendance au tabac à chiquer. Un groupe de participants
a reçu par la poste le dispositif électronique LifeSign
d'abandon graduel. Un second groupe a reçu un livre et une vidéocassette
d'autocessation. Les deux groupes ont reçu un appel téléphonique
pour les encourager une semaine après la date d'abandon prévue.
Les taux d'abstinence rapportés après deux et six mois étaient
de 24,5 p. 100 chez les utilisateurs du livre et de la vidéocassette,
et de 18,4 p. 100 chez les utilisateurs du dispositif électronique.
Jusqu'à 7,5 millions d'Américains chiquent du tabac tous
les jours, et leur nombre augmente, particulièrement chez les jeunes
hommes. Selon les chercheurs, les programmes d'autocessation sont d'importantes
options de traitement, surtout en milieu rural où les services
se font rares.
Addictive Behaviors, mai-juin 2000, vol. 25, no 3, p. 465-470.
Herbert H. Severson et coll., Institut de recherche de l'Oregon,
Eugene (Oregon).
Anxiété,
dépression et absentéisme
Selon
des chercheurs britanniques, les personnes ayant des troubles dépressifs
ou anxieux s'absentent plus longtemps du travail que celles ayant d'autres
types d'invalidité ou de problèmes de santé. L'impact
sur le travail est plus important lorsqu'elles cumulent dépression
et anxiété. Les chercheurs ont examiné les données
du Quarterly Labour Force Survey, une enquête auprès des
ménages qui laisse entendre qu'au cours d'une semaine typique,
4,7 p. 100 des travailleurs s'absentent au moins un jour. D'après
les résultats, on pourrait réduire l'absentéisme
en procurant un traitement psychologique ou pharmacologique aux personnes
ayant des symptômes de dépression ou d'anxiété.
Journal of Mental Health Policy and Economics, mai 2000, vol.
3 suppl. 1, Steve Almond et Andrew Healey, École
d'économie et de sciences politiques de Londres (Royaume-Uni).
Traitement
en fonction du sexe pour adolescents toxicomanes
Selon
une étude de l'Université de Miami menée auprès
de 42 filles et 53 garçons dirigés vers un traitement, les
filles qui consomment des drogues de façon excessive ont plus de
problèmes que leurs homologues masculins. Cette conclusion pourrait
avoir de nombreuses implications cliniques. Les chercheurs ont examiné
les habitudes de consommation, les comportements et les dynamiques familiales
des adolescents à l'étude, âgés en moyenne
de 15,2 ans, puis interrogé leurs parents. Aucune différence
n'a été décelée entre les garçons et
les filles en matière de consommation ou d'extériorisation,
comme la délinquance ou la violence. Les filles adoptaient toutefois
davantage de comportements d'intériorisation, comme l'isolement,
la somatisation, la dépression et l'anxiété. Il y
avait aussi plus de conflits et moins de cohésion dans leurs familles.
D'après les jeunes, les conflits familiaux constituaient le facteur
déterminant de l'usage de drogues, suivis des symptômes d'intériorisation.
À l'inverse, les parents plaçaient l'intériorisation
au premier rang, suivie de la cohésion et des conflits familiaux.
Selon les auteurs, les jeunes auraient besoin de traitements individuels
et familiaux fondés sur le sexe.
Journal of Psychoactive Drugs, janv.-mars 2000, vol. 32, no 1,
p. 25-31, Gayle A. Dakof, école de médecine de l'Université
de Miami, Miami (Floride).

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