 
Questions courantes sur
les problèmes de santé mentale et de toxicomanie chez les
enfants d'âge scolaire
Quelle est l'ampleur des problèmes de santé mentale
ou de toxicomanie chez les enfants d'âge scolaire ?
Selon une enquête longitudinale nationale publiée en 1996,
plus de 25 p. 100 des enfants canadiens de tout âge et de 41 p.
100 des enfants de mères monoparentales souffrent d'au moins un
trouble important de développement. Malheureusement, beaucoup de
ces enfants ne sont pas traités.
Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les
Canadiens et Canadiennes de 15 à 24 ans. Un rapport des Nations
Unies révèle que le Canada se classe troisième sur
23 pays à l'étude quant au taux de suicide chez les jeunes
de 15 à 19 ans.
La surconsommation de drogues est également un grave problème.
Après avoir connu un sommet en 1979, la consommation de la plupart
des drogues chez les jeunes canadiens a diminué jusqu'au début
des années 1990. Mais depuis, l'usage de drogues licites et illicites
connaît un regain. Selon le Dr Ed Adlaf, scientifique au Centre
de toxicomanie et de santé mentale et responsable du Sondage sur
la consommation de drogue parmi les élèves de l'Ontario
de 1999, plus de 65 p. 100 des élèves boivent de l'alcool
et de plus en plus d'entre eux avouent boire toutes les semaines et en
grandes quantités (cinq consommations ou plus par occasion).
Quelles mesures les écoles ont-elles mises en place pour composer
avec ces problèmes ?
De nombreux programmes sont en place pour prévenir et traiter
les problèmes. À cet effet, le Centre canadien de lutte
contre l'alcoolisme et les toxicomanies, l'Association canadienne pour
l'éducation à la santé et le Centre de toxicomanie
et de santé mentale (CTSM) mettent au point un répertoire
des meilleurs programmes de prévention parmi les jeunes. Selon
Andrea Stevens Lavigne, chef des programmes de prévention
chez les jeunes du CTSM, « les programmes qui reconnaissent le problème
de surconsommation chez les jeunes et se concentrent sur la réduction
des méfaits ont beaucoup plus de chance de réussir que ceux
qui ne visent que l'abstinence ». Dans un récent numéro
de Mise au point,
le CTSM recommande aux écoles de renseigner les élèves
sur les drogues de la maternelle à la fin du secondaire, de miser
sur le développement de l'autonomie et les méthodes interactives,
et d'offrir des informations factuelles et objectives. Les politiques
scolaires devraient assurer la mise en place de mesures de dépistage
précoce et d'aide aux enfants aux prises avec ces problèmes.
Les mesures de sensibilisation devraient s'adresser aux jeunes, aux parents
et à la communauté.

Que dire des méthodes qui abordent la prévention et
le traitement de ces problèmes d'une façon plus globale
?
Certaines écoles du pays ont adopté une démarche
du nom d'approche globale sur la santé en milieu scolaire. Selon
Santé Canada, elle combinerait quatre différentes méthodes
de promotion de la santé : l'enseignement, l'accès à
des services de soutien, le renforcement du réseau social et l'amélioration
de l'environnement physique. Une autre démarche s'intéresse
aux aspects de la culture de l'école qui influencent le sentiment
de bien-être des élèves. Par culture de l'école,
on entend les règles informelles, les valeurs et l'environnement
(taille de l'école, nombre d'élèves, éclairage,
entretien des terrains et politiques).
Quel rôle l'environnement scolaire joue-t-il dans le comportement
de l'élève ?
Selon un sondage effectué auprès de plus de 1 400 élèves
publié dans l'American Journal of Public Health, les écoles
qui inculquent un esprit communautaire affichent un faible taux de consommation
de drogues et de délinquance parmi les élèves des
5e et 6e années. Il a toutefois été impossible d'établir
un lien de cause à effet. Une seconde étude du genre est
actuellement menée par le CTSM en Ontario auprès de 2 800
élèves de 24 écoles, de 9e année dans un premier
temps, puis de 10e année. Les questions posées aux participants
portent sur leur perception du soutien de l'enseignant et de la classe,
des conflits entre élèves, des relations enseignant-élève,
du favoritisme, de l'équité, de la clarté des règles,
de l'orientation académique de l'école et de leur propre
comportement envers la violence, la sécurité personnelle,
la consommation de drogues, la délinquance, l'absentéisme
scolaire, l'anxiété et la dépression. Les résultats
de la première étape doivent être communiqués
vers le mois de novembre.
La violence est-elle en hausse dans les écoles ?
D'après Statistique Canada, les incidents violents entre jeunes
ont augmenté d'environ 40 p. 100 au cours de la dernière
décennie. Le taux de criminalité chez les jeunes a toutefois
diminué dans l'ensemble. À Toronto, depuis le milieu des
années 1980, les incidents nécessitant une intervention
policière auraient presque doublé dans les écoles.
Même si la majorité de ces incidents sont mineurs, on connaît
depuis les quelque vingt dernières années une augmentation
du nombre d'armes à l'école. « Les conseils scolaires
se font poursuivre par les parents d'enfants blessés par toutes
sortes d'armes parce qu'ils sont incapables d'offrir un environnement
sécuritaire », déclare Stuart Auty, président
du Canadian Safe School Network. « La crainte de poursuites a même
modifié la façon dont les écoles sont administrées
au pays. Et dernièrement, une nouvelle phobie circule dans les
écoles : les enfants ne veulent plus aller en classe en raison
de la violence qui y règne. »

Que faire pour réduire la violence dans les écoles ?
Il faut envisager de front l'administration scolaire et les interventions
auprès des élèves. Les écoles qui fonctionnent
bien encouragent la participation des élèves, des parents
et du personnel, selon M. Auty. Elles stipulent clairement les limites
des comportements acceptables et les conséquences d'une dérogation
aux règles, sollicitent la collaboration du corps enseignant et
offrent une supervision adéquate.
D'autres programmes regroupent dans de petites classes les élèves
qui ont des problèmes de comportement; ces derniers reçoivent
une attention particulière et ne perturbent plus leurs camarades
de classe. Le dépistage précoce, la médiation par
les pairs et les programmes contre l'intimidation s'avèrent utiles
dès un jeune âge. Les activités d'intégration
supervisées sont aussi efficaces pour réduire les comportements
antisociaux.
Que dire du nouveau code de conduite ontarien ?
De l'opinion d'experts en éducation, le code de conduite adopte
une approche punitive à l'égard des questions de violence
et de non-respect des règles. En vertu de la loi, les élèves
peuvent être suspendus automatiquement pour possession d'alcool
ou de drogues illicites, consommation d'alcool, langage irrespectueux
envers un enseignant et autres. De nombreux professionnels du domaine
ne croient pas que la suspension soit la meilleure solution pour tous.
Certains élèves la considèrent comme des vacances
et leur retard scolaire n'en est qu'aggravé à leur retour
en classe.
SOURCES : Stuart Auty, président du Canadian Safe School
Network; David DeWit, scientifique au CTSM; Andrea Stevens Lavigne,
chef du programme de prévention pour les jeunes du CTSM; Doug McCall,
directeur général de l'Association canadienne pour l'éducation
à la santé; Santé Canada, School-Based Violence
Prevention in Canada: Results of a National Survey of Policies and Programs;
Suicide Information and Education Centre, 1999, Youth Suicide and You;
Statistique Canada, Enquête longitudinale nationale sur les enfants
et les jeunes (octobre 1996), Ottawa.

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