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À partir du numéro Hiver 2002, le Journal de toxicomanie et de santé mentale est publié, en anglais seulement, sous son nouveau nom -- CrossCurrents.

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Questions courantes sur les problèmes de santé mentale et de toxicomanie chez les enfants d'âge scolaire

Quelle est l'ampleur des problèmes de santé mentale ou de toxicomanie chez les enfants d'âge scolaire ?

Selon une enquête longitudinale nationale publiée en 1996, plus de 25 p. 100 des enfants canadiens de tout âge et de 41 p. 100 des enfants de mères monoparentales souffrent d'au moins un trouble important de développement. Malheureusement, beaucoup de ces enfants ne sont pas traités.

Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les Canadiens et Canadiennes de 15 à 24 ans. Un rapport des Nations Unies révèle que le Canada se classe troisième sur 23 pays à l'étude quant au taux de suicide chez les jeunes de 15 à 19 ans.

La surconsommation de drogues est également un grave problème. Après avoir connu un sommet en 1979, la consommation de la plupart des drogues chez les jeunes canadiens a diminué jusqu'au début des années 1990. Mais depuis, l'usage de drogues licites et illicites connaît un regain. Selon le Dr Ed Adlaf, scientifique au Centre de toxicomanie et de santé mentale et responsable du Sondage sur la consommation de drogue parmi les élèves de l'Ontario de 1999, plus de 65 p. 100 des élèves boivent de l'alcool et de plus en plus d'entre eux avouent boire toutes les semaines et en grandes quantités (cinq consommations ou plus par occasion).


Quelles mesures les écoles ont-elles mises en place pour composer avec ces problèmes ?

De nombreux programmes sont en place pour prévenir et traiter les problèmes. À cet effet, le Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies, l'Association canadienne pour l'éducation à la santé et le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CTSM) mettent au point un répertoire des meilleurs programmes de prévention parmi les jeunes. Selon Andrea Stevens Lavigne, chef des programmes de prévention chez les jeunes du CTSM, « les programmes qui reconnaissent le problème de surconsommation chez les jeunes et se concentrent sur la réduction des méfaits ont beaucoup plus de chance de réussir que ceux qui ne visent que l'abstinence ». Dans un récent numéro de Mise au point, le CTSM recommande aux écoles de renseigner les élèves sur les drogues de la maternelle à la fin du secondaire, de miser sur le développement de l'autonomie et les méthodes interactives, et d'offrir des informations factuelles et objectives. Les politiques scolaires devraient assurer la mise en place de mesures de dépistage précoce et d'aide aux enfants aux prises avec ces problèmes. Les mesures de sensibilisation devraient s'adresser aux jeunes, aux parents et à la communauté.

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Que dire des méthodes qui abordent la prévention et le traitement de ces problèmes d'une façon plus globale ?

Certaines écoles du pays ont adopté une démarche du nom d'approche globale sur la santé en milieu scolaire. Selon Santé Canada, elle combinerait quatre différentes méthodes de promotion de la santé : l'enseignement, l'accès à des services de soutien, le renforcement du réseau social et l'amélioration de l'environnement physique. Une autre démarche s'intéresse aux aspects de la culture de l'école qui influencent le sentiment de bien-être des élèves. Par culture de l'école, on entend les règles informelles, les valeurs et l'environnement (taille de l'école, nombre d'élèves, éclairage, entretien des terrains et politiques).


Quel rôle l'environnement scolaire joue-t-il dans le comportement de l'élève ?

Selon un sondage effectué auprès de plus de 1 400 élèves publié dans l'American Journal of Public Health, les écoles qui inculquent un esprit communautaire affichent un faible taux de consommation de drogues et de délinquance parmi les élèves des 5e et 6e années. Il a toutefois été impossible d'établir un lien de cause à effet. Une seconde étude du genre est actuellement menée par le CTSM en Ontario auprès de 2 800 élèves de 24 écoles, de 9e année dans un premier temps, puis de 10e année. Les questions posées aux participants portent sur leur perception du soutien de l'enseignant et de la classe, des conflits entre élèves, des relations enseignant-élève, du favoritisme, de l'équité, de la clarté des règles, de l'orientation académique de l'école et de leur propre comportement envers la violence, la sécurité personnelle, la consommation de drogues, la délinquance, l'absentéisme scolaire, l'anxiété et la dépression. Les résultats de la première étape doivent être communiqués vers le mois de novembre.


La violence est-elle en hausse dans les écoles ?

D'après Statistique Canada, les incidents violents entre jeunes ont augmenté d'environ 40 p. 100 au cours de la dernière décennie. Le taux de criminalité chez les jeunes a toutefois diminué dans l'ensemble. À Toronto, depuis le milieu des années 1980, les incidents nécessitant une intervention policière auraient presque doublé dans les écoles.

Même si la majorité de ces incidents sont mineurs, on connaît depuis les quelque vingt dernières années une augmentation du nombre d'armes à l'école. « Les conseils scolaires se font poursuivre par les parents d'enfants blessés par toutes sortes d'armes parce qu'ils sont incapables d'offrir un environnement sécuritaire », déclare Stuart Auty, président du Canadian Safe School Network. « La crainte de poursuites a même modifié la façon dont les écoles sont administrées au pays. Et dernièrement, une nouvelle phobie circule dans les écoles : les enfants ne veulent plus aller en classe en raison de la violence qui y règne. »

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Que faire pour réduire la violence dans les écoles ?

Il faut envisager de front l'administration scolaire et les interventions auprès des élèves. Les écoles qui fonctionnent bien encouragent la participation des élèves, des parents et du personnel, selon M. Auty. Elles stipulent clairement les limites des comportements acceptables et les conséquences d'une dérogation aux règles, sollicitent la collaboration du corps enseignant et offrent une supervision adéquate.

D'autres programmes regroupent dans de petites classes les élèves qui ont des problèmes de comportement; ces derniers reçoivent une attention particulière et ne perturbent plus leurs camarades de classe. Le dépistage précoce, la médiation par les pairs et les programmes contre l'intimidation s'avèrent utiles dès un jeune âge. Les activités d'intégration supervisées sont aussi efficaces pour réduire les comportements antisociaux.


Que dire du nouveau code de conduite ontarien ?

De l'opinion d'experts en éducation, le code de conduite adopte une approche punitive à l'égard des questions de violence et de non-respect des règles. En vertu de la loi, les élèves peuvent être suspendus automatiquement pour possession d'alcool ou de drogues illicites, consommation d'alcool, langage irrespectueux envers un enseignant et autres. De nombreux professionnels du domaine ne croient pas que la suspension soit la meilleure solution pour tous. Certains élèves la considèrent comme des vacances et leur retard scolaire n'en est qu'aggravé à leur retour en classe.


SOURCES : Stuart Auty, président du Canadian Safe School Network; David DeWit, scientifique au CTSM; Andrea Stevens Lavigne, chef du programme de prévention pour les jeunes du CTSM; Doug McCall, directeur général de l'Association canadienne pour l'éducation à la santé; Santé Canada, School-Based Violence Prevention in Canada: Results of a National Survey of Policies and Programs; Suicide Information and Education Centre, 1999, Youth Suicide and You; Statistique Canada, Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes (octobre 1996), Ottawa.

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