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Série Mise au point

Prévention de l'alcoolisme
et autres toxicomanies :
Les programmes qui marchent
auprès des jeunes

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Introduction

La plupart des jeunes ont consommé de l'alcool, du tabac ou des drogues illicites. Certains viennent à en prendre souvent ou en font un tel mauvais usage que cela complique leur vie. L'abus d'alcool et d'autres drogues préoccupe depuis longtemps les parents, les enseignants, les organismes de santé publique et la police.

Pour aider les jeunes, on peut, par exemple, élaborer des programmes de prévention efficaces qui leur fournissent non seulement une aide immédiate, mais qui leur permettent aussi de prendre en charge leur santé tout au long de leur vie.

La nature des programmes qui donnent des résultats est une question qui intéresse les parents, les éducateurs, les fournisseurs de services et les décideurs. Comment peut-on, en effet, rejoindre les jeunes et les aider à adopter un mode de vie sain? Il n'existe aucune formule secrète, mais de nombreuses options ont été mises à l'essai et évaluées. Les programmes qui reconnaissent d'emblée l'utilisation par les jeunes d'intoxicants et qui visent la réduction des risques connexes ont plus de chances de réussir que les programmes axés exclusivement sur l'abstinence. Le présent document porte sur diverses démarches en matière d'éducation et de prévention et décrit un certain nombre de considérations d'ordre pratique.

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Tendances en matière de toxicomanie

Un certain nombre d'études ont brossé le tableau de la toxicomanie parmi les adolescents et révélé des points intéressants sur les drogues que les jeunes consomment et l'usage qu'ils en font. Des enquêtes menées auprès de jeunes dans diverses compétences territoriales indiquent que le problème de la toxicomanie chez les jeunes, qui a connu une recrudescence au début des années 1990, s'est stabilisé. Toutefois, même malgré les augmentations récentes, le taux de toxicomanie parmi les jeunes reste inférieur à ce qu'il était à la fin des années 1970 et au début des années 1980. Cette constatation s'applique tant aux autres provinces et aux États-Unis qu'à l'Ontario. À l'heure actuelle, le taux de consommation d'alcool, de tabac et de drogues illicites est relativement stable.

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Situation en Ontario

L'étude systématique du problème de la toxicomanie chez les jeunes la plus importante à ce jour au Canada est sans contredit le Sondage sur la consommation de drogue parmi les élèves de l'Ontario, que mène le Centre de toxicomanie et de santé mentale, division Fondation de la recherche sur la toxicomanie. Depuis 1977, des sondages ont lieu tous les deux ans dans les écoles ontariennes parmi les élèves des 7e, 9e, 11e et 13e années.

Les trois drogues que les élèves consomment le plus sont l'alcool, le tabac et le cannabis (marijuana, haschich, huile de haschich). Le sondage mené en 1997 a révélé que 75 pour 100 des élèves avaient pris de l'alcool et que 60 pour 100 en avaient consommé l'année précédente (Adlaf et coll., 1997). Environ 40 pour 100 des jeunes qui avaient pris de l'alcool l'année précédente ont déclaré s'être enivrés ou avoir consommé au moins cinq boissons alcooliques en une seule occasion.

Dans le cadre du même sondage, 50 pour 100 des élèves ont indiqué avoir fumé à un moment donné dans leur vie et 28 pour 100 ont déclaré avoir fumé régulièrement l'année précédente. Le cannabis est la drogue illicite la plus répandue. Trente pour cent des élèves ont déclaré en avoir déjà pris au moins une fois et 25 pour 100 ont mentionné qu'ils en avaient pris l'année précédente.

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Première consommation d'un intoxicant

Les adolescents d'aujourd'hui prennent pour la première fois de l'alcool, du tabac et du cannabis à un âge plus avancé que ceux de la fin des années 1970 et du début des années 1980 (Adlaf et coll., 1997). Une étude récente menée auprès d'élèves ontariens a révélé que ceux-ci avaient généralement 12 ans (7e année) la première fois qu'ils avaient pris de l'alcool et du tabac et environ 14 ans (9e année) la première fois qu'ils avaient essayé de la marijuana (Adlaf, Ivis et coll. 1996).

La ´consommation excessive' d'alcool, c'est-à-dire la consommation de cinq verres ou plus en une seule occasion, est un phénomène qui commence généralement.

Toxicomanie et développement des adolescents

Les adolescents veulent faire toutes sortes d'expériences. C'est à cet âge qu'ils approfondissent leur identité véritable. Cette étape de leur développement se caractérise aussi par le goût du risque, que ce soit conduire dangereusement, refuser de boucler la ceinture de sécurité ou consommer de l'alcool et d'autres drogues. Les raisons qui sous-tendent l'essai d'intoxicants varient. Certains adolescents considèrent la consommation d'alcool et d'autres drogues comme un acte de rébellion ou comme une façon de tisser des liens sociaux avec d'autres jeunes. D'autres veulent accroître leur prestige aux yeux de leurs camarades. Quelques-uns peuvent aussi considérer la toxicomanie comme une façon d'avoir du plaisir, de tromper leur ennui, de satisfaire leur curiosité, d'éviter leurs problèmes ou de mieux faire face à leurs difficultés (Amos et coll., 1997; Arnett, 1992; Banwell et Young, 1993; Franzkowiak, 1987; Igra et Irwin, 1996; Wilks, 1992).

La toxicomanie peut aussi avoir une valeur symbolique. En effet, la consommation d'alcool ou d'autres drogues en présence de camarades et d'autres personnes sert à forger des liens de solidarité avec le groupe ou à définir des limites sociales (Room, 1994). Les messages relativement à l'abstinence d'alcool ou de tabac ´jusqu'à ce que tu aies l'âge' sont des armes à double tranchant et renforcent le statut de l'alcool et du tabac comme produits réservés aux adultes. Compte tenu de l'acceptabilité sociale de l'alcool et du tabac parmi les adultes, les jeunes jugent les messages d'abstinence hypocrites et sont susceptibles de les rejeter (D'Emidio-Caston et Brown, 1998).

Au Canada, bien des adolescents ont essayé des drogues illicites ou pris de l'alcool. Cependant, peu d'entre eux en consomment fréquemment ou de façon problématique. En fait, l'usage d'alcool et d'autres drogues diminue une fois que les jeunes dépassent le cap des 25 ans (Chen et Kandel, 1995; DeWit, Offord et coll. 1997; Kandel et Logan, 1984). Ce processus de ´maturation' se produit normalement lorsque les jeunes assument des responsabilités d'adultes (Bachman et coll., 1997).

Bien des chercheurs considèrent l'alcool et le tabac comme des 'drogues d'introduction' en ce sens qu'ils précèdent plus souvent qu'autrement la consommation de marijuana. Dans le même ordre d'idées, la consommation de marijuana précède généralement l'utilisation de drogues illicites plus 'dures' comme la cocaïne et l'héroïne (Kandel et coll., 1992; Yamaguchi et Kandel, 1984a, 1984b). Cependant, l'usage de drogues plus 'douces' n'aboutit pas nécessairement à la consommation de drogues plus 'dures' (Peele et Brodsky, 1997). En fait, une bonne partie des gens qui prennent de l'alcool, du tabac et de la marijuana ne passent pas à l'étape de la cocaïne ou de l'héroïne.

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Sur cette page
Introduction
Tendances en matière de toxicomanie
Situation en Ontario
Première consommation d'un intoxicant
Toxicomanie et développement des adolescents
Stratégies de prévention de la toxicomanie
Démarches axées sur l'éducation et l'autonomie fonctionnelle
Programmes en milieu scolaire
Programmes à l'intention des élèves à risque
Campagnes médiatiques
Activités de rechange et groupes de jeunes
Démarches axées sur la famille
Démarches communautaires à niveaux multiples
Démarches au plan des politiques
Politiques scolaires
Étiquettes de mise en garde
Taxation
Âge minimum légal pour boire
Prévention de la vente aux mineurs
Restrictions frappant les jeunes ou les nouveaux conducteurs
Démarches axées sur la réduction des méfaits
Considérations d'ordre pratique
Références
Renseignements
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L'alcool, les drogues et la loi: Briser le cycle
Série Mise au point --Ordonnances de traitement en milieu communautaire : aperçu et recommandations -- mars 2000
 




Stratégies de prévention de la toxicomanie

Démarches axées sur l'éducation et l'autonomie fonctionnelle

L'éducation des jeunes sur l'alcool, le tabac et les autres drogues, et sur les risques associés à la consommation de ces produits, a constitué la pierre angulaire de la plupart des initiatives de prévention. Les mesures de prévention ont également été centrées sur l'aide à donner aux jeunes en vue d'accroître leur autonomie fonctionnelle de façon à leur éviter d'avoir des problèmes liés à l'utilisation d'intoxicants. Il est vrai que les programmes de prévention ont souvent ciblé les écoles, mais d'importantes initiatives ont aussi eu recours aux campagnes médiatiques et à la mise sur pied de programmes centrés sur la communauté et la famille.

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Programmes en milieu scolaire

Il est difficile de mettre en oeuvre des programmes véritablement efficaces en milieu scolaire. Jusqu'à présent, la démarche de prévention la plus prometteuse semble être celle qui est axée sur le modèle d'influence sociale. Celui-ci se fonde essentiellement sur le principe suivant : les jeunes qui consomment de l'alcool et d'autres drogues le font à cause, d'une part, des pressions qu'exercent leurs camarades, la famille et les médias et, d'autre part, de diverses pressions internes (le désir d'être ´cool' et populaire, etc.). Les programmes centrés sur le modèle d'influence sociale fournissent des renseignements sur la santé et les conséquences sociales et tentent de persuader les jeunes de résister aux pressions qui s'exercent sur eux (Ellickson, 1995).

Certaines études ont cependant révélé que ce ne sont pas les ´pressions' en soi des camarades qui mènent à l'utilisation d'intoxicants. Ce serait plutôt ´l'influence' ou la ´préférence' des camarades. En effet, les jeunes ne contraignent que rarement leurs camarades à essayer de la drogue. Et la plupart des adolescents possèdent des habiletés sociales appropriées et une bonne estime de soi. Ils participent donc activement à la décision d'essayer de l'alcool ou une autre drogue pour la toute première fois, car ils sont déjà ´désireux' d'en prendre ou ´prêts´ à le faire, et ils choisissent normalement comme camarades des jeunes qui consomment tout comme eux des intoxicants (Banwell et Young, 1993; Coggans et McKellar, 1994; Michell et West, 1996; Warner et coll., 1997).

La recherche a relevé plusieurs approches qui avaient échoué. Mentionnons notamment celles qui consistent simplement à donner des renseignements sur l'alcool, le tabac et les autres drogues (Botvin, 1995; Tobler, 1992); celles qui ne fournissent que des renseignements sur les risques pour la santé et les conséquences de la toxicomanie (Bachman et coll., 1991); et celles qui sont exclusivement axées sur les problèmes personnels comme une faible estime de soi, de pauvres aptitudes sociales et des valeurs médiocres (Donaldson et coll., 1995; Hawthorne et coll., 1995; Tobler, 1992).

L'étude des programmes de prévention efficaces et inefficaces a permis aux chercheurs de dégager un certain nombre de caractéristiques associées à des résultats positifs. Il est donc possible de faire les recommandations suivantes en vue d'accroître le succès des programmes en milieu scolaire visant l'ensemble de la clientèle étudiante.

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Structure

  • Les programmes devraient être offerts en continu de la maternelle à la dernière année du palier secondaire. Ils devraient être particulièrement intensifs juste avant l'âge où les jeunes essaient généralement de l'alcool ou d'autres drogues pour la toute première fois.
  • Différentes approches devraient être utilisées selon les particularités des divers sous-groupes visés (niveaux différents de connaissance ou d'utilisation des drogues, caractéristiques démographiques, etc.).
  • Les jeunes devraient participer à la planification du contenu des programmes et à la mise en oeuvre de ces derniers.

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Contenu

    Les programmes devraient porter sur les raisons qui sous-tendent la consommation d'alcool et d'autres drogues (découverte de soi, affirmation de soi, perception d'un avantage quelconque, etc.) et offrir des solutions de rechange à l'utilisation d'intoxicants.

    Ils devraient présenter des données factuelles et honnêtes. S'il n'existe aucune réponse à une question ou à un problème donné, les animateurs devraient le reconnaître. Les programmes devraient porter tant sur les dangers que sur les avantages liés à la consommation et à la non-consommation d'alcool et d'autres drogues. Les débats devraient viser les effets à court terme. Les jeunes rejetteront les données qui, selon eux, ne correspondent pas à leurs propres expériences, reflètent l'exagération des adultes ou frôlent l'hystérie.

    Il importe d'étudier et de corriger les perceptions concernant la consommation d'intoxicants de façon occasionnelle ou dans un contexte social. Il peut être utile d'aider les jeunes à devenir plus autonomes sur le plan fonctionnel (affirmation de soi, prise de décisions, techniques de communication, etc.).

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Prestation

    Il est important de créer une ambiance empreinte de tolérance et d'ouverture d'esprit, d'où sont bannies les tactiques d'effarouchement et les leçons de morale. Les échanges entre les animateurs et les jeunes devraient être francs.

    Les programmes devraient favoriser l'apprentissage actif de connaissances sur les effets des drogues au lieu d'être axés sur les leçons passives et les films. Les méthodes interactives, comme les discussions en petits groupes et les jeux de rôle, sont particulièrement appropriées.

    Les animateurs devraient être des personnes auxquelles les jeunes font confiance. Ils doivent présenter les faits tels qu'ils sont, sans parti pris. Les enseignants peuvent, avec la collaboration de leaders choisis parmi les élèves, jouer un rôle efficace. Il faut cependant choisir les jeunes leaders avec soin, car il existe déjà des groupes sociaux rigides parmi les élèves. Il peut donc arriver que certains élèves rejettent carrément les leaders retenus ou sentent que ceux-ci ne les représentent pas vraiment.

Les programmes offerts en milieu scolaire auront le maximum d'impact si les parents, les médias et les politiques de santé renforcent les messages véhiculés à l'école.

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Programmes à l'intention des élèves à risque

Les écoles peuvent également offrir des programmes à l'intention des jeunes plus susceptibles que d'autres d'avoir des problèmes associés à la consommation d'intoxicants, comme les jeunes qui peuvent développer une accoutumance et avoir des problèmes qui se poursuivront jusqu'à l'âge adulte.

Le programme ´S'ouvrir sur le monde' (Fondation de la recherche sur la toxicomanie, 1995) s'adresse aux élèves à risque de la 8e à la 10e années. Il vise à prévenir ou à réduire la consommation d'intoxicants et d'autres problèmes, comme le décrochage scolaire et la violence. Dans ce contexte, le terme ´jeunes à risque' désigne les jeunes susceptibles d'essayer de la drogue, de faire l'école buissonnière, d'avoir des problèmes scolaires ou d'être violents. Les résultats préliminaires de l'évaluation de ce programme ont été encourageants (DeWit, Braun et coll., 1997). Par exemple, les jeunes à risque qui avaient participé au programme prenaient de l'alcool moins souvent, avaient une attitude moins favorable face à la consommation d'alcool, de tabac et de cannabis, et étaient moins susceptibles aux pressions que leurs camarades exerçaient sur eux pour qu'ils se conduisent mal ou de façon violente. Le programme a été mis en oeuvre dans plus de 50 localités ontariennes et sera instauré ailleurs, selon les besoins.

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Campagnes médiatiques

Les campagnes médiatiques ont visé pendant des dizaines d'années à réduire la consommation d'intoxicants chez les jeunes. Elles peuvent se révéler des outils de communication et d'éducation efficaces, car les jeunes déclarent obtenir la quasi-totalité de leurs renseignements sur les drogues à la télévision. Les conversations avec leurs parents et les articles dans la presse écrite viennent en second comme techniques de renseignements (Mirzaee et coll., 1991).

Cependant, des études ont révélé que même si les campagnes médiatiques ont réussi à sensibiliser les jeunes et à parfaire leurs connaissances, elles n'ont pas vraiment pu modifier leurs attitudes et leurs comportements (Bauman et coll., 1991; Murray et coll., 1994; Popham et coll., 1994).

Les moyens de communication de masse sont surtout utiles lorsque vient le temps de cerner les grands thèmes des débats publics (Pentz, 1995; Redman et coll., 1990). Par exemple, on estime qu'ils ont contribué pour beaucoup à faire de l'alcool au volant un comportement inacceptable sur le plan social et à mobiliser la population en faveur de l'adoption de mesures législatives plus strictes à cet égard (Casswell et coll., 1989; Zunz, 1997).

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Activités de rechange et groupes de jeunes

Une stratégie de prévention, lancée avec succès pendant les années 1970, consiste à organiser à l'intention des jeunes des activités et des projets récréatifs (tutorat, sports, activités artistiques et culturelles, etc.) ou à les aider à mettre sur pied des entreprises commerciales. Les partisans de cette stratégie croient que les programmes organisés donnent aux participants un sentiment de responsabilité et leur permettent d'accroître leur estime de soi, de s'épanouir et de vivre dans un milieu qui renforce les valeurs communautaires.

Cependant, ces programmes ne réduisent pas vraiment les taux de consommation d'alcool et d'autres drogues parmi les jeunes (pour plus d'information, consulter Norman et coll., 1997). Cela ne signifie pas pour autant qu'ils ne peuvent pas constituer une technique importante dans le vaste arsenal d'interventions communautaires existantes.

Démarches axées sur la famille

Un ´mouvement des parents' a vu le jour ces dernières années aux États-Unis. Même s'il s'est préoccupé d'orientations politiques plus générales, il s'est quand même penché sur le rôle des parents en matière de prévention de l'usage et de l'abus d'alcool et d'autres drogues. Ce mouvement, qui se fonde sur des recherches menées sur les débuts de la consommation de l'alcool et d'autres drogues parmi les jeunes, a préconisé les bonnes communications entre les parents et leurs enfants, le rôle des parents en tant que modèles de comportement positifs, et l'acquisition de compétences parentales solides en tant que stratégies de prévention ou de réduction de la consommation d'intoxicants chez les jeunes.

Le programme ´Strengthening Families' (Kumpfer et coll., 1989, 1997) est un exemple d'une initiative de prévention couronnée de succès. Il vise les enfants de six à 10 ans dont les parents sont alcooliques ou toxicomanes (un programme à l'intention des enfants de 11 à 14 ans vient d'être conçu). Le programme comprend divers volets : formation des parents, accroissement de l'autonomie fonctionnelle des enfants (en vue de faciliter l'adoption de comportements acceptables sur le plan social) et formation au niveau des compétences familiales afin d'améliorer l'interaction entre les membres de la famille. Le Centre de toxicomanie et de santé mentale procède, en collaboration avec divers partenaires communautaires, à l'adaptation et à l'essai d'un programme de ce genre en Ontario, le programme ´La famille d'abord.'

L'évaluation du programme original a révélé que la réunion des trois composantes d'acquisition de compétences fonctionnelles représentait la meilleure façon de réduire les problèmes comportementaux des enfants, de même que leur intention de consommer de l'alcool et du tabac. Les évaluateurs ont également constaté des améliorations sur le plan des compétences parentales, des conflits familiaux et de la communication entre les membres d'une même famille (DeMarsh et Kumpfer, 1986). Règle générale, il a été possible de répéter depuis ces résultats positifs parmi divers sous-groupes ethniques, tant en milieu rural qu'en milieu urbain (Aktan et coll., 1996; Kumpfer et Alvarado, 1995; Kumpfer et coll., 1996). Les résultats d'une étude de suivi réalisée sur une période de cinq ans devraient être publiés sous peu. L'on saura alors si le programme peut vraiment prévenir la consommation d'alcool et d'autres drogues parmi les adolescents de familles à risque élevé.

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Démarches communautaires à niveaux multiples

La recherche semble indiquer que les programmes communautaires intégrés sont plus prometteurs que les stratégies de prévention à simple niveau décrites ci-dessus. Ce genre de programmes fait appel à la participation de nombreux intervenants À écoles, familles, milieux de travail, églises, pouvoirs publics et médias.

Le ´Midwestern Prevention Program' (MPP) était un ambitieux programme de prévention sur cinq ans mis sur pied à Kansas City et à Indianapolis à la fin des années 1980 (Pentz, 1986; Pentz et coll., 1989). Il comprenait cinq volets introduits selon un ordre séquentiel dans la communauté : un volet scolaire (projet STAR), un volet destiné aux parents, une composante publicité-médias, la création d'une organisation communautaire et la modification de diverses politiques pour limiter l'accès aux intoxicants et leur disponibilité. L'utilisation de différentes méthodes à diverses étapes du programme visait un objectif bien précis : faire en sorte que les messages de prévention soient inédits et inoubliables.

L'évaluation du programme lors d'une étude de suivi un an plus tard a révélé que les jeunes qui avaient participé au projet STAR consommaient beaucoup moins de tabac, d'alcool et de marijuana que leurs camarades du groupe témoin (Pentz et coll., 1989). Trois ans plus tard, les taux de consommation de tabac et de marijuana étaient toujours faibles, mais la prévalence de l'usage de l'alcool était plus ou moins la même dans les deux groupes maintenant que les élèves avaient atteint le dernier cycle de leurs études secondaires (Johnson et coll., 1990).

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Démarches au plan des politiques

La recherche précise que les démarches au plan des politiques parviennent à réduire les problèmes reliés à la consommation d'alcool et d'autres drogues, surtout si elles sont conjuguées avec d'autres approches éducatives et communautaires.

Politiques scolaires

Même si les écoles semblent avoir hérité du ´problème de la drogue,' elles ne peuvent pas le résoudre seules. Une politique uniforme relativement à la consommation et à la possession d'alcool et d'autres drogues en milieu scolaire constitue néanmoins une composante importante de toute stratégie de prévention intégrée visant les jeunes.

En Ontario, tous les conseils scolaires ont été tenus d'élaborer et de mettre en oeuvre au plus tard en 1991 des programmes et des politiques d'éducation en matière de drogues. Les lignes directrices prévues mettaient en évidence trois composantes importantes d'une politique d'ensemble : a) éducation préventive; b) intervention précoce, et c) mesures disciplinaires (Fondation de la recherche sur la toxicomanie, 1991). Gliksman et ses collègues (1992) ont cherché à évaluer les effets de ces politiques scolaires sur les taux de consommation d'alcool des jeunes et les problèmes connexes. Les politiques scolaires étudiées ont été réparties en trois catégories, compte tenu de leur ampleur.

L'étude a révélé que les politiques scolaires en matière de drogues peuvent avoir une certaine incidence sur la consommation d'intoxicants par les jeunes. Par exemple, les élèves d'écoles qui avaient adopté des politiques détaillées prenaient moins d'alcool que ceux des écoles n'ayant instauré que des politiques de faible ou de moyenne envergure. En outre, les élèves des écoles qui avaient adopté des politiques très ou moyennement détaillées ne consommaient que rarement de l'alcool de façon excessive.

La création d'un milieu ´tolérance zéro' dans les écoles a fait couler beaucoup d'encre ces dernières années. Une telle politique met l'accent sur les sanctions (du renvoi automatique des élèves à l'élévation de l'âge légal pour exercer diverses activités À consommer de l'alcool, obtenir le permis de conduire, etc.) qu'il faut imposer aux élèves qui ont en leur possession des intoxicants, y compris des cigarettes, ou qui en distribuent.

Cependant, les politiques scolaires punitives ne réussissent pas à prévenir ou à limiter la consommation d'alcool et d'autres drogues (Pentz et coll., 1989). De plus, l'imposition de peines en cas de consommation d'intoxicants risque d'aliéner encore plus les jeunes qui sont déjà à risque (D'Emidio-Caston et Brown, 1998). Elle peut aussi dissuader ceux qui ont des problèmes de drogues, ou qui sont susceptibles d'en avoir, de chercher à obtenir de l'aide.

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Étiquettes de mise en garde

Les études indiquent que les étiquettes de mise en garde apposées sur les paquets de cigarettes ont eu certains effets positifs sur les jeunes. L'Enquête de 1994 sur le tabagisme chez les jeunes a révélé que la majorité des jeunes de 10 à 19 ans avaient vu les mises en garde et les jugeaient convaincantes et importantes (Paglia, de Groh et Pederson, 1996; Paglia, de Groh, Rehm et coll., 1996).

Une étiquette de mise en garde est apposée sur les contenants de boissons alcooliques aux États-Unis depuis 1989. L'avertissement est long, imprimé en petits caractères et difficile à lire. Des chercheurs ont procédé à son évaluation en interrogeant un échantillon d'adolescents un an après la mise en oeuvre de ce programme (MacKinnon et coll., 1993). Les résultats ont été révélateurs : seulement 40 pour cent des jeunes interrogés ont déclaré avoir vu l'avertissement et, comme on pouvait s'y attendre, les habitudes de consommation d'alcool des jeunes n'avaient guère changé.

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Taxation

Les adolescents font attention aux prix des articles qu'ils achètent. Tout accroissement du prix de l'alcool et des cigarettes par suite de l'augmentation des taxes à payer réduit la consommation. Diverses études sur la majoration des taxes frappant les produits du tabac au Canada et aux États-Unis révèlent en effet que toute augmentation des taxes s'accompagne d'une baisse importante du tabagisme chez les jeunes (ministère des Finances du Canada, 1993; Ferrence et coll., 1991; Harris, 1987; Lewit et coll., 1981; Sweanor et coll., 1993). Les diminutions de taxes ont, quant à elles, donné lieu à une augmentation du taux de tabagisme (Hamilton et coll., 1997) et de la quantité de tabac consommée (Brown et coll., 1996).

Les études sur les taxes frappant l'alcool révèlent des répercussions semblables sur les taux de consommation d'alcool et les décès par suite d'accidents de la route (Chaloupka et coll., 1993; Saffer et Grossman, 1987). Les études de simulation indiquent aussi qu'une augmentation des taxes sur les produits alcooliques réduirait l'ampleur du phénomène de la consommation excessive d'alcool parmi les jeunes (pour plus d'information, consulter Grossman et coll., 1995).

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Âge minimum légal pour boire

Pendant les années 1980, l'âge minimum légal pour boire aux États-Unis a été porté à 21 ans. Diverses études menées ultérieurement ont révélé que cette mesure avait effectivement réduit les problèmes reliés à l'alcool parmi les jeunes, comme le suicide et les blessures (Jones et coll., 1992; O'Malley et Wagenaar, 1991). De plus, les jeunes ne se sont pas tournés vers la marijuana, comme on prétend que cela se passe ordinairement lorsque l'accessibilité de l'alcool diminue (O'Malley et Wagenaar, 1991). L'élévation de l'âge légal pour boire a également permis de réduire les taux d'ivresse au volant parmi les jeunes (Klepp et coll., 1996; Moskowitz, 1989; O'Malley et Wagenaar, 1991; pour plus d'information, consulter Wagenaar, 1993).

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Prévention de la vente aux mineurs

Les jeunes Ontariens s'approvisionnent en cigarettes surtout au dépanneur du quartier. Les commerçants ne demandent de pièce d'identité qu'à moins de la moitié des jeunes qui n'ont pas l'âge d'acheter du tabac (Hobbs et coll., 1997). La recherche indique que, du moins à court terme, l'application des lois restreignant la vente de cigarettes aux mineurs ou visant à renseigner la population peut effectivement réduire la vente libre des produits du tabac et, éventuellement, le taux de tabagisme parmi les jeunes (Altman et coll., 1991; DiFranza et coll., 1992; Feighery et coll., 1991; Hinds, 1992; Jason et coll., 1991; Keay et coll., 1993).

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Restrictions frappant les jeunes ou les nouveaux conducteurs

Deux études ont conclu que l'adoption de mesures législatives relatives à la ´tolérance zéro' en matière de taux d'alcoolémie (réduction du taux à au plus 0,02 pour 100) avait permis de réduire de beaucoup les accidents de la route reliés à l'alcool parmi les jeunes (Blomberg, 1992 tel que cité dans Hingson et coll., 1997; Hingson et coll., 1994). Les campagnes de sensibilisation du public accroissent l'efficacité des mesures législatives.

Le programme de délivrance graduelle du permis de conduire consiste à accorder le permis en plusieurs étapes. Ainsi, les nouveaux conducteurs peuvent acquérir progressivement de l'expérience tout en courant moins de risques. Au cours des premières étapes, les conducteurs ne peuvent avoir aucune trace d'alcool dans leur sang. Ils sont aussi soumis à certaines règles relativement au nombre et à l'âge de leurs passagers et ils ne peuvent conduire la nuit. Les études sur ce système de délivrance du permis de conduire en Nouvelle-Zélande de même qu'une étude préliminaire de sa version ontarienne indiquent que ces programmes réduisent considérablement l'ivresse au volant de même que le nombre d'accidents de la route parmi les jeunes (Langley et coll., 1996; Mann et coll., 1997; Mayhew et Simpson, 1990; Sweedler et Stewart, 1993).

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Démarches axées sur la réduction des méfaits

Il importe de reconnaître que les programmes d'éducation et de prévention n'ont eu que des succès mitigés pour ce qui est de la réduction de la consommation d'alcool et d'autres drogues, compte tenu des modèles de consommation parmi les jeunes visés. Par contre, les programmes visant à réduire à la fois les comportements à risque et les conséquences néfastes de la consommation de drogues, notamment d'alcool, ont connu davantage de succès. Par conséquent, le modèle de la réduction des méfaits, fondé sur le fait que la plupart des adolescents prennent de l'alcool, est mieux perçu en tant que programme de prévention des accidents de la route.

Dans le cadre d'un programme communautaire intégré visant à réduire l'ivresse au volant tant parmi les jeunes que parmi les adultes, six localités du Massachusetts ont instauré un éventail d'initiatives (campagnes médiatiques, lignes de dénonciation, journées de sensibilisation, campagnes d'éducation dans les écoles secondaires animées par des jeunes, création de sections locales de Students Against Drunk Driving, bal de finissants sans alcool, et programmes de prévention au niveau universitaire (Hingson et coll., 1996)). Cinq ans plus tard, les résultats indiquaient que les accidents mortels mettant en cause des conducteurs de ces localités ayant entre 15 et 25 ans avaient baissé de 39 pour 100 comparativement au reste de l'État. En outre, le nombre de jeunes de 16 à 19 ans qui avaient déclaré avoir conduit en état d'ébriété le mois précédent avait baissé de 40 pour 100.

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Considérations d'ordre pratique

  1. Les buts de tout programme de prévention de l'alcoolisme et autres toxicomanies parmi les jeunes devraient être réalistes. L'objectif principal devrait être de prévenir ou de réduire les méfaits associés à la consommation d'alcool et d'autres drogues, et non d'empêcher tout usage de ces produits. Un programme de prévention efficace pourrait avoir pour résultat positif de différer le moment où un jeune consomme un intoxicant pour la toute première fois ou de l'aider à consommer un tel produit d'une façon plus sécuritaire.
  2. Les programmes d'éducation en matière d'alcool et de drogues devraient reposer sur des principes éducatifs pratiques, et non sur des concepts idéologiques. Ils devraient être offerts en continu, de l'école maternelle à la dernière année du secondaire. Les messages véhiculés devraient, évidemment, être adaptés aux différents groupes d'âge. Les démarches pédagogiques retenues devraient elles aussi être adaptées aux besoins des publics cibles et fondées sur l'âge, le sexe, le taux de consommation, l'attitude face à la consommation d'intoxicants, etc. Elles devraient combiner, d'une part, des données factuelles et exactes et, d'autre part, des stratégies visant l'acquisition de compétences (communication, prise de décisions, résolution de conflits, etc.).
  3. Les programmes de prévention de l'alcoolisme et autres toxicomanies devraient être intégrés. Ils devraient comprendre différentes composantes qui se complètent les unes les autres, comme des campagnes médiatiques, des programmes en milieu scolaire, des stratégies d'éducation de la famille et des interventions au niveau des politiques. Des programmes spéciaux sont nécessaires à l'intention des jeunes qui risquent d'avoir des problèmes. Des programmes généraux sont essentiels pour répondre aux besoins de la clientèle étudiante dans son ensemble.
  4. Les jeunes doivent participer directement à la planification et à la mise en oeuvre des programmes. Ces derniers devraient tirer profit des forces et des atouts des jeunes. En effet, ceux-ci sont bien placés pour recenser les questions qui les préoccupent, élaborer des solutions et communiquer des messages appropriés à leurs camarades.
  5. Les politiques et les règlements peuvent parvenir à limiter et à orienter la consommation d'intoxicants et à réduire ses méfaits. Les programmes de délivrance graduelle du permis de conduire en sont la preuve. Les initiatives au niveau des politiques devraient être conjuguées avec d'autres démarches.
  6. La tolérance zéro et les autres approches ´musclées' ne donnent rien et peuvent même augmenter les risques d'apparition de problèmes graves. Ces démarches peuvent finir par punir les élèves qui ne font que des essais, une chose normale à l'adolescence, et dissuader les élèves susceptibles d'avoir des problèmes de chercher à obtenir l'aide dont ils ont besoin.
  7. Les programmes d'éducation en matière d'alcool et de drogues devraient faire l'objet d'évaluations constantes afin de déterminer les facteurs de succès et d'échec.
  8. Les adultes, notamment les parents, les éducateurs, les fournisseurs de services et les décideurs, doivent être bien renseignés sur les techniques d'éducation en matière de drogues. Ils doivent être sensibilisés aux problèmes et aux tendances reliés à la consommation d'alcool et de drogues parmi les jeunes et connaître l'efficacité de diverses démarches préventives.

juin 1999

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Centre de toxicomanie et de santé mentale

Le Centre de toxicomanie et de santé mentale est le fruit de la fusion de la Fondation de la recherche sur la toxicomanie, de l'Institut psychiatrique Clarke, de l'Institut Donwood et du Centre de santé mentale de la rue Queen. Le Centre est un hôpital d'enseignement pleinement affilié à l'Université de Toronto.

Le Centre de toxicomanie et de santé mentale puise dans l'héritage de ces quatre grands établissements pour mieux comprendre et soigner les problèmes de toxicomanie et de santé mentale, pour prévenir la consommation d'alcool et d'autres drogues, et pour promouvoir la santé mentale. Il assure le fonctionnement d'installations cliniques et de recherche centrales à Toronto ainsi que de 12 bureaux communautaires en Ontario. Même si le Centre axe ses activités d'intervention sur les besoins des collectivités ontariennes, ses travaux ont des incidences aillleurs au pays et à l'étranger.

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Série Mise au point

La série de documents Mise au point vise à présenter les toutes dernières connaissances sur les problèmes qui pointent à l'horizon dans un domaine en particulier. Ces documents s'adressent tout particulièrement aux professionnels qui interviennent dans les domaines de la santé et de la toxicomanie, aux décideurs et aux personnes qui désirent avoir des données à jour sur les questions de l'heure.

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