 |
 |
 |


Stratégies
de prévention de la toxicomanie
Démarches axées
sur l'éducation et l'autonomie fonctionnelle
L'éducation des jeunes sur l'alcool, le tabac et les
autres drogues, et sur les risques associés à la consommation
de ces produits, a constitué la pierre angulaire de la plupart
des initiatives de prévention. Les mesures de prévention
ont également été centrées sur l'aide à
donner aux jeunes en vue d'accroître leur autonomie fonctionnelle
de façon à leur éviter d'avoir des problèmes
liés à l'utilisation d'intoxicants. Il est vrai que les
programmes de prévention ont souvent ciblé les écoles,
mais d'importantes initiatives ont aussi eu recours aux campagnes médiatiques
et à la mise sur pied de programmes centrés sur la communauté
et la famille.

Programmes en milieu scolaire
Il est difficile de mettre en oeuvre des programmes véritablement
efficaces en milieu scolaire. Jusqu'à présent, la démarche
de prévention la plus prometteuse semble être celle qui est
axée sur le modèle d'influence sociale. Celui-ci se fonde
essentiellement sur le principe suivant : les jeunes qui consomment de
l'alcool et d'autres drogues le font à cause, d'une part, des pressions
qu'exercent leurs camarades, la famille et les médias et, d'autre
part, de diverses pressions internes (le désir d'être ´cool'
et populaire, etc.). Les programmes centrés sur le modèle
d'influence sociale fournissent des renseignements sur la santé
et les conséquences sociales et tentent de persuader les jeunes
de résister aux pressions qui s'exercent sur eux (Ellickson, 1995).
Certaines études ont cependant révélé
que ce ne sont pas les ´pressions' en soi des camarades qui mènent
à l'utilisation d'intoxicants. Ce serait plutôt ´l'influence'
ou la ´préférence' des camarades. En effet, les jeunes
ne contraignent que rarement leurs camarades à essayer de la drogue.
Et la plupart des adolescents possèdent des habiletés sociales
appropriées et une bonne estime de soi. Ils participent donc activement
à la décision d'essayer de l'alcool ou une autre drogue
pour la toute première fois, car ils sont déjà ´désireux'
d'en prendre ou ´prêts´ à le faire, et ils choisissent
normalement comme camarades des jeunes qui consomment tout comme eux des
intoxicants (Banwell et Young, 1993; Coggans et McKellar, 1994; Michell
et West, 1996; Warner et coll., 1997).
La recherche a relevé plusieurs approches qui avaient
échoué. Mentionnons notamment celles qui consistent simplement
à donner des renseignements sur l'alcool, le tabac et les autres
drogues (Botvin, 1995; Tobler, 1992); celles qui ne fournissent que des
renseignements sur les risques pour la santé et les conséquences
de la toxicomanie (Bachman et coll., 1991); et celles qui sont exclusivement
axées sur les problèmes personnels comme une faible estime
de soi, de pauvres aptitudes sociales et des valeurs médiocres
(Donaldson et coll., 1995; Hawthorne et coll., 1995; Tobler, 1992).
L'étude des programmes de prévention efficaces
et inefficaces a permis aux chercheurs de dégager un certain nombre
de caractéristiques associées à des résultats
positifs. Il est donc possible de faire les recommandations suivantes
en vue d'accroître le succès des programmes en milieu scolaire
visant l'ensemble de la clientèle étudiante.

Structure
- Les programmes devraient être offerts en continu
de la maternelle à la dernière année du palier
secondaire. Ils devraient être particulièrement intensifs
juste avant l'âge où les jeunes essaient généralement
de l'alcool ou d'autres drogues pour la toute première fois.
- Différentes approches devraient être utilisées
selon les particularités des divers sous-groupes visés
(niveaux différents de connaissance ou d'utilisation des drogues,
caractéristiques démographiques, etc.).
- Les jeunes devraient participer à la planification
du contenu des programmes et à la mise en oeuvre de ces derniers.

Contenu
Les programmes devraient porter sur les raisons qui
sous-tendent la consommation d'alcool et d'autres drogues (découverte
de soi, affirmation de soi, perception d'un avantage quelconque, etc.)
et offrir des solutions de rechange à l'utilisation d'intoxicants.
Ils devraient présenter des données factuelles
et honnêtes. S'il n'existe aucune réponse à une
question ou à un problème donné, les animateurs
devraient le reconnaître. Les programmes devraient porter tant
sur les dangers que sur les avantages liés à la consommation
et à la non-consommation d'alcool et d'autres drogues. Les débats
devraient viser les effets à court terme. Les jeunes rejetteront
les données qui, selon eux, ne correspondent pas à leurs
propres expériences, reflètent l'exagération des
adultes ou frôlent l'hystérie.
Il importe d'étudier et de corriger les perceptions
concernant la consommation d'intoxicants de façon occasionnelle
ou dans un contexte social. Il peut être utile d'aider les jeunes
à devenir plus autonomes sur le plan fonctionnel (affirmation
de soi, prise de décisions, techniques de communication, etc.).

Prestation
Il est important de créer une ambiance empreinte
de tolérance et d'ouverture d'esprit, d'où sont bannies
les tactiques d'effarouchement et les leçons de morale. Les échanges
entre les animateurs et les jeunes devraient être francs.
Les programmes devraient favoriser l'apprentissage actif
de connaissances sur les effets des drogues au lieu d'être axés
sur les leçons passives et les films. Les méthodes interactives,
comme les discussions en petits groupes et les jeux de rôle, sont
particulièrement appropriées.
Les animateurs devraient être des personnes auxquelles
les jeunes font confiance. Ils doivent présenter les faits tels
qu'ils sont, sans parti pris. Les enseignants peuvent, avec la collaboration
de leaders choisis parmi les élèves, jouer un rôle
efficace. Il faut cependant choisir les jeunes leaders avec soin, car
il existe déjà des groupes sociaux rigides parmi les élèves.
Il peut donc arriver que certains élèves rejettent carrément
les leaders retenus ou sentent que ceux-ci ne les représentent
pas vraiment.
Les programmes offerts en milieu scolaire auront le maximum
d'impact si les parents, les médias et les politiques de santé
renforcent les messages véhiculés à l'école.

Programmes à l'intention
des élèves à risque
Les écoles peuvent également offrir des programmes
à l'intention des jeunes plus susceptibles que d'autres d'avoir
des problèmes associés à la consommation d'intoxicants,
comme les jeunes qui peuvent développer une accoutumance et avoir
des problèmes qui se poursuivront jusqu'à l'âge adulte.
Le programme ´S'ouvrir sur le monde' (Fondation de
la recherche sur la toxicomanie, 1995) s'adresse aux élèves
à risque de la 8e à la 10e années. Il vise à
prévenir ou à réduire la consommation d'intoxicants
et d'autres problèmes, comme le décrochage scolaire et la
violence. Dans ce contexte, le terme ´jeunes à risque' désigne
les jeunes susceptibles d'essayer de la drogue, de faire l'école
buissonnière, d'avoir des problèmes scolaires ou d'être
violents. Les résultats préliminaires de l'évaluation
de ce programme ont été encourageants (DeWit, Braun et coll.,
1997). Par exemple, les jeunes à risque qui avaient participé
au programme prenaient de l'alcool moins souvent, avaient une attitude
moins favorable face à la consommation d'alcool, de tabac et de
cannabis, et étaient moins susceptibles aux pressions que leurs
camarades exerçaient sur eux pour qu'ils se conduisent mal ou de
façon violente. Le programme a été mis en oeuvre
dans plus de 50 localités ontariennes et sera instauré ailleurs,
selon les besoins.

Campagnes médiatiques
Les campagnes médiatiques ont visé pendant
des dizaines d'années à réduire la consommation d'intoxicants
chez les jeunes. Elles peuvent se révéler des outils de
communication et d'éducation efficaces, car les jeunes déclarent
obtenir la quasi-totalité de leurs renseignements sur les drogues
à la télévision. Les conversations avec leurs parents
et les articles dans la presse écrite viennent en second comme
techniques de renseignements (Mirzaee et coll., 1991).
Cependant, des études ont révélé
que même si les campagnes médiatiques ont réussi à
sensibiliser les jeunes et à parfaire leurs connaissances, elles
n'ont pas vraiment pu modifier leurs attitudes et leurs comportements
(Bauman et coll., 1991; Murray et coll., 1994; Popham et coll., 1994).
Les moyens de communication de masse sont surtout utiles
lorsque vient le temps de cerner les grands thèmes des débats
publics (Pentz, 1995; Redman et coll., 1990). Par exemple, on estime qu'ils
ont contribué pour beaucoup à faire de l'alcool au volant
un comportement inacceptable sur le plan social et à mobiliser
la population en faveur de l'adoption de mesures législatives plus
strictes à cet égard (Casswell et coll., 1989; Zunz, 1997).

Activités de rechange
et groupes de jeunes
Une stratégie de prévention, lancée
avec succès pendant les années 1970, consiste à organiser
à l'intention des jeunes des activités et des projets récréatifs
(tutorat, sports, activités artistiques et culturelles, etc.) ou
à les aider à mettre sur pied des entreprises commerciales.
Les partisans de cette stratégie croient que les programmes organisés
donnent aux participants un sentiment de responsabilité et leur
permettent d'accroître leur estime de soi, de s'épanouir
et de vivre dans un milieu qui renforce les valeurs communautaires.
Cependant, ces programmes ne réduisent pas vraiment
les taux de consommation d'alcool et d'autres drogues parmi les jeunes
(pour plus d'information, consulter Norman et coll., 1997). Cela ne signifie
pas pour autant qu'ils ne peuvent pas constituer une technique importante
dans le vaste arsenal d'interventions communautaires existantes.
Démarches axées
sur la famille
Un ´mouvement des parents' a vu le jour ces dernières
années aux États-Unis. Même s'il s'est préoccupé
d'orientations politiques plus générales, il s'est quand
même penché sur le rôle des parents en matière
de prévention de l'usage et de l'abus d'alcool et d'autres drogues.
Ce mouvement, qui se fonde sur des recherches menées sur les débuts
de la consommation de l'alcool et d'autres drogues parmi les jeunes, a
préconisé les bonnes communications entre les parents et
leurs enfants, le rôle des parents en tant que modèles de
comportement positifs, et l'acquisition de compétences parentales
solides en tant que stratégies de prévention ou de réduction
de la consommation d'intoxicants chez les jeunes.
Le programme ´Strengthening Families' (Kumpfer et coll.,
1989, 1997) est un exemple d'une initiative de prévention couronnée
de succès. Il vise les enfants de six à 10 ans dont les
parents sont alcooliques ou toxicomanes (un programme à l'intention
des enfants de 11 à 14 ans vient d'être conçu). Le
programme comprend divers volets : formation des parents, accroissement
de l'autonomie fonctionnelle des enfants (en vue de faciliter l'adoption
de comportements acceptables sur le plan social) et formation au niveau
des compétences familiales afin d'améliorer l'interaction
entre les membres de la famille. Le Centre de toxicomanie et de santé
mentale procède, en collaboration avec divers partenaires communautaires,
à l'adaptation et à l'essai d'un programme de ce genre en
Ontario, le programme ´La famille d'abord.'
L'évaluation du programme original a révélé
que la réunion des trois composantes d'acquisition de compétences
fonctionnelles représentait la meilleure façon de réduire
les problèmes comportementaux des enfants, de même que leur
intention de consommer de l'alcool et du tabac. Les évaluateurs
ont également constaté des améliorations sur le plan
des compétences parentales, des conflits familiaux et de la communication
entre les membres d'une même famille (DeMarsh et Kumpfer, 1986).
Règle générale, il a été possible de
répéter depuis ces résultats positifs parmi divers
sous-groupes ethniques, tant en milieu rural qu'en milieu urbain (Aktan
et coll., 1996; Kumpfer et Alvarado, 1995; Kumpfer et coll., 1996). Les
résultats d'une étude de suivi réalisée sur
une période de cinq ans devraient être publiés sous
peu. L'on saura alors si le programme peut vraiment prévenir la
consommation d'alcool et d'autres drogues parmi les adolescents de familles
à risque élevé.

Démarches communautaires
à niveaux multiples
La recherche semble indiquer que les programmes communautaires
intégrés sont plus prometteurs que les stratégies
de prévention à simple niveau décrites ci-dessus.
Ce genre de programmes fait appel à la participation de nombreux
intervenants À écoles, familles, milieux de travail, églises,
pouvoirs publics et médias.
Le ´Midwestern Prevention Program' (MPP) était
un ambitieux programme de prévention sur cinq ans mis sur pied
à Kansas City et à Indianapolis à la fin des années
1980 (Pentz, 1986; Pentz et coll., 1989). Il comprenait cinq volets introduits
selon un ordre séquentiel dans la communauté : un volet
scolaire (projet STAR), un volet destiné aux parents, une composante
publicité-médias, la création d'une organisation
communautaire et la modification de diverses politiques pour limiter l'accès
aux intoxicants et leur disponibilité. L'utilisation de différentes
méthodes à diverses étapes du programme visait un
objectif bien précis : faire en sorte que les messages de prévention
soient inédits et inoubliables.
L'évaluation du programme lors d'une étude
de suivi un an plus tard a révélé que les jeunes
qui avaient participé au projet STAR consommaient beaucoup moins
de tabac, d'alcool et de marijuana que leurs camarades du groupe témoin
(Pentz et coll., 1989). Trois ans plus tard, les taux de consommation
de tabac et de marijuana étaient toujours faibles, mais la prévalence
de l'usage de l'alcool était plus ou moins la même dans les
deux groupes maintenant que les élèves avaient atteint le
dernier cycle de leurs études secondaires (Johnson et coll., 1990).

Démarches au
plan des politiques
La recherche précise que les démarches au plan
des politiques parviennent à réduire les problèmes
reliés à la consommation d'alcool et d'autres drogues, surtout
si elles sont conjuguées avec d'autres approches éducatives
et communautaires.
Politiques scolaires
Même si les écoles semblent avoir hérité
du ´problème de la drogue,' elles ne peuvent pas le résoudre
seules. Une politique uniforme relativement à la consommation et
à la possession d'alcool et d'autres drogues en milieu scolaire
constitue néanmoins une composante importante de toute stratégie
de prévention intégrée visant les jeunes.
En Ontario, tous les conseils scolaires ont été
tenus d'élaborer et de mettre en oeuvre au plus tard en 1991 des
programmes et des politiques d'éducation en matière de drogues.
Les lignes directrices prévues mettaient en évidence trois
composantes importantes d'une politique d'ensemble : a) éducation
préventive; b) intervention précoce, et c) mesures disciplinaires
(Fondation de la recherche sur la toxicomanie, 1991). Gliksman et ses
collègues (1992) ont cherché à évaluer les
effets de ces politiques scolaires sur les taux de consommation d'alcool
des jeunes et les problèmes connexes. Les politiques scolaires
étudiées ont été réparties en trois
catégories, compte tenu de leur ampleur.
L'étude a révélé que les politiques
scolaires en matière de drogues peuvent avoir une certaine incidence
sur la consommation d'intoxicants par les jeunes. Par exemple, les élèves
d'écoles qui avaient adopté des politiques détaillées
prenaient moins d'alcool que ceux des écoles n'ayant instauré
que des politiques de faible ou de moyenne envergure. En outre, les élèves
des écoles qui avaient adopté des politiques très
ou moyennement détaillées ne consommaient que rarement de
l'alcool de façon excessive.
La création d'un milieu ´tolérance zéro'
dans les écoles a fait couler beaucoup d'encre ces dernières
années. Une telle politique met l'accent sur les sanctions (du
renvoi automatique des élèves à l'élévation
de l'âge légal pour exercer diverses activités À consommer
de l'alcool, obtenir le permis de conduire, etc.) qu'il faut imposer aux
élèves qui ont en leur possession des intoxicants, y compris
des cigarettes, ou qui en distribuent.
Cependant, les politiques scolaires punitives ne réussissent
pas à prévenir ou à limiter la consommation d'alcool
et d'autres drogues (Pentz et coll., 1989). De plus, l'imposition de peines
en cas de consommation d'intoxicants risque d'aliéner encore plus
les jeunes qui sont déjà à risque (D'Emidio-Caston
et Brown, 1998). Elle peut aussi dissuader ceux qui ont des problèmes
de drogues, ou qui sont susceptibles d'en avoir, de chercher à
obtenir de l'aide.

Étiquettes de mise
en garde
Les études indiquent que les étiquettes de
mise en garde apposées sur les paquets de cigarettes ont eu certains
effets positifs sur les jeunes. L'Enquête de 1994 sur le tabagisme
chez les jeunes a révélé que la majorité des
jeunes de 10 à 19 ans avaient vu les mises en garde et les jugeaient
convaincantes et importantes (Paglia, de Groh et Pederson, 1996; Paglia,
de Groh, Rehm et coll., 1996).
Une étiquette de mise en garde est apposée
sur les contenants de boissons alcooliques aux États-Unis depuis
1989. L'avertissement est long, imprimé en petits caractères
et difficile à lire. Des chercheurs ont procédé à
son évaluation en interrogeant un échantillon d'adolescents
un an après la mise en oeuvre de ce programme (MacKinnon et coll.,
1993). Les résultats ont été révélateurs
: seulement 40 pour cent des jeunes interrogés ont déclaré
avoir vu l'avertissement et, comme on pouvait s'y attendre, les habitudes
de consommation d'alcool des jeunes n'avaient guère changé.

Taxation
Les adolescents font attention aux prix des articles qu'ils
achètent. Tout accroissement du prix de l'alcool et des cigarettes
par suite de l'augmentation des taxes à payer réduit la
consommation. Diverses études sur la majoration des taxes frappant
les produits du tabac au Canada et aux États-Unis révèlent
en effet que toute augmentation des taxes s'accompagne d'une baisse importante
du tabagisme chez les jeunes (ministère des Finances du Canada,
1993; Ferrence et coll., 1991; Harris, 1987; Lewit et coll., 1981; Sweanor
et coll., 1993). Les diminutions de taxes ont, quant à elles, donné
lieu à une augmentation du taux de tabagisme (Hamilton et coll.,
1997) et de la quantité de tabac consommée (Brown et coll.,
1996).
Les études sur les taxes frappant l'alcool révèlent
des répercussions semblables sur les taux de consommation d'alcool
et les décès par suite d'accidents de la route (Chaloupka
et coll., 1993; Saffer et Grossman, 1987). Les études de simulation
indiquent aussi qu'une augmentation des taxes sur les produits alcooliques
réduirait l'ampleur du phénomène de la consommation
excessive d'alcool parmi les jeunes (pour plus d'information, consulter
Grossman et coll., 1995).

Âge minimum légal
pour boire
Pendant les années 1980, l'âge minimum légal
pour boire aux États-Unis a été porté à
21 ans. Diverses études menées ultérieurement ont
révélé que cette mesure avait effectivement réduit
les problèmes reliés à l'alcool parmi les jeunes,
comme le suicide et les blessures (Jones et coll., 1992; O'Malley et Wagenaar,
1991). De plus, les jeunes ne se sont pas tournés vers la marijuana,
comme on prétend que cela se passe ordinairement lorsque l'accessibilité
de l'alcool diminue (O'Malley et Wagenaar, 1991). L'élévation
de l'âge légal pour boire a également permis de réduire
les taux d'ivresse au volant parmi les jeunes (Klepp et coll., 1996; Moskowitz,
1989; O'Malley et Wagenaar, 1991; pour plus d'information, consulter Wagenaar,
1993).

Prévention
de la vente aux mineurs
Les jeunes Ontariens s'approvisionnent en cigarettes surtout
au dépanneur du quartier. Les commerçants ne demandent de
pièce d'identité qu'à moins de la moitié des
jeunes qui n'ont pas l'âge d'acheter du tabac (Hobbs et coll., 1997).
La recherche indique que, du moins à court terme, l'application
des lois restreignant la vente de cigarettes aux mineurs ou visant à
renseigner la population peut effectivement réduire la vente libre
des produits du tabac et, éventuellement, le taux de tabagisme
parmi les jeunes (Altman et coll., 1991; DiFranza et coll., 1992; Feighery
et coll., 1991; Hinds, 1992; Jason et coll., 1991; Keay et coll., 1993).

Restrictions frappant
les jeunes ou les nouveaux conducteurs
Deux études ont conclu que l'adoption de mesures législatives
relatives à la ´tolérance zéro' en matière
de taux d'alcoolémie (réduction du taux à au plus
0,02 pour 100) avait permis de réduire de beaucoup les accidents
de la route reliés à l'alcool parmi les jeunes (Blomberg,
1992 tel que cité dans Hingson et coll., 1997; Hingson et coll.,
1994). Les campagnes de sensibilisation du public accroissent l'efficacité
des mesures législatives.
Le programme de délivrance graduelle du permis de
conduire consiste à accorder le permis en plusieurs étapes.
Ainsi, les nouveaux conducteurs peuvent acquérir progressivement
de l'expérience tout en courant moins de risques. Au cours des
premières étapes, les conducteurs ne peuvent avoir aucune
trace d'alcool dans leur sang. Ils sont aussi soumis à certaines
règles relativement au nombre et à l'âge de leurs
passagers et ils ne peuvent conduire la nuit. Les études sur ce
système de délivrance du permis de conduire en Nouvelle-Zélande
de même qu'une étude préliminaire de sa version ontarienne
indiquent que ces programmes réduisent considérablement
l'ivresse au volant de même que le nombre d'accidents de la route
parmi les jeunes (Langley et coll., 1996; Mann et coll., 1997; Mayhew
et Simpson, 1990; Sweedler et Stewart, 1993).

Démarches axées
sur la réduction des méfaits
Il importe de reconnaître que les programmes d'éducation
et de prévention n'ont eu que des succès mitigés
pour ce qui est de la réduction de la consommation d'alcool et
d'autres drogues, compte tenu des modèles de consommation parmi
les jeunes visés. Par contre, les programmes visant à réduire
à la fois les comportements à risque et les conséquences
néfastes de la consommation de drogues, notamment d'alcool,
ont connu davantage de succès. Par conséquent, le modèle
de la réduction des méfaits, fondé sur le fait que
la plupart des adolescents prennent de l'alcool, est mieux perçu
en tant que programme de prévention des accidents de la route.
Dans le cadre d'un programme communautaire intégré
visant à réduire l'ivresse au volant tant parmi les jeunes
que parmi les adultes, six localités du Massachusetts ont instauré
un éventail d'initiatives (campagnes médiatiques, lignes
de dénonciation, journées de sensibilisation, campagnes
d'éducation dans les écoles secondaires animées par
des jeunes, création de sections locales de Students Against Drunk
Driving, bal de finissants sans alcool, et programmes de prévention
au niveau universitaire (Hingson et coll., 1996)). Cinq ans plus tard,
les résultats indiquaient que les accidents mortels mettant en
cause des conducteurs de ces localités ayant entre 15 et 25 ans
avaient baissé de 39 pour 100 comparativement au reste de l'État.
En outre, le nombre de jeunes de 16 à 19 ans qui avaient déclaré
avoir conduit en état d'ébriété le mois précédent
avait baissé de 40 pour 100.

Considérations
d'ordre pratique
- Les buts de tout programme de prévention de
l'alcoolisme et autres toxicomanies parmi les jeunes devraient être
réalistes. L'objectif principal devrait être de prévenir
ou de réduire les méfaits associés à la
consommation d'alcool et d'autres drogues, et non d'empêcher tout
usage de ces produits. Un programme de prévention efficace pourrait
avoir pour résultat positif de différer le moment où
un jeune consomme un intoxicant pour la toute première fois ou
de l'aider à consommer un tel produit d'une façon plus
sécuritaire.
- Les programmes d'éducation en matière
d'alcool et de drogues devraient reposer sur des principes éducatifs
pratiques, et non sur des concepts idéologiques. Ils devraient
être offerts en continu, de l'école maternelle à
la dernière année du secondaire. Les messages véhiculés
devraient, évidemment, être adaptés aux différents
groupes d'âge. Les démarches pédagogiques retenues
devraient elles aussi être adaptées aux besoins des publics
cibles et fondées sur l'âge, le sexe, le taux de consommation,
l'attitude face à la consommation d'intoxicants, etc. Elles devraient
combiner, d'une part, des données factuelles et exactes et, d'autre
part, des stratégies visant l'acquisition de compétences
(communication, prise de décisions, résolution de conflits,
etc.).
- Les programmes de prévention de l'alcoolisme
et autres toxicomanies devraient être intégrés.
Ils devraient comprendre différentes composantes qui se complètent
les unes les autres, comme des campagnes médiatiques, des programmes
en milieu scolaire, des stratégies d'éducation de la famille
et des interventions au niveau des politiques. Des programmes spéciaux
sont nécessaires à l'intention des jeunes qui risquent
d'avoir des problèmes. Des programmes généraux
sont essentiels pour répondre aux besoins de la clientèle
étudiante dans son ensemble.
- Les jeunes doivent participer directement à
la planification et à la mise en oeuvre des programmes. Ces derniers
devraient tirer profit des forces et des atouts des jeunes. En effet,
ceux-ci sont bien placés pour recenser les questions qui les
préoccupent, élaborer des solutions et communiquer des
messages appropriés à leurs camarades.
- Les politiques et les règlements peuvent parvenir
à limiter et à orienter la consommation d'intoxicants
et à réduire ses méfaits. Les programmes de délivrance
graduelle du permis de conduire en sont la preuve. Les initiatives au
niveau des politiques devraient être conjuguées avec d'autres
démarches.
- La tolérance zéro et les autres approches
´musclées' ne donnent rien et peuvent même augmenter
les risques d'apparition de problèmes graves. Ces démarches
peuvent finir par punir les élèves qui ne font que des
essais, une chose normale à l'adolescence, et dissuader les élèves
susceptibles d'avoir des problèmes de chercher à obtenir
l'aide dont ils ont besoin.
- Les programmes d'éducation en matière
d'alcool et de drogues devraient faire l'objet d'évaluations
constantes afin de déterminer les facteurs de succès et
d'échec.
- Les adultes, notamment les parents, les éducateurs,
les fournisseurs de services et les décideurs, doivent être
bien renseignés sur les techniques d'éducation en matière
de drogues. Ils doivent être sensibilisés aux problèmes
et aux tendances reliés à la consommation d'alcool et
de drogues parmi les jeunes et connaître l'efficacité de
diverses démarches préventives.
juin 1999

Références
ADLAF, E. M., IVIS, F. J. et SMART, R. G. ´Ontario
Student Drug Use Survey: 1977-1997,' Document de recherche 136 de la
Fondation de la recherche sur la toxicomanie, Toronto, Fondation de
la recherche sur la toxicomanie, 1997.
ADLAF, E. M., IVIS, F. J., SMART, R. G. et WALSH, G. W.
´Enduring resurgence or statistical blip? Recent trends from the
Ontario Student Drug Use Survey,' Canadian Journal of Public Health,
vol. 87, 1996, p. 189-192.
AKTAN, G. B., KUMPFER, K. L. et TURNER, C. W. ´Effectiveness
of a family skills training program for substance use prevention with
inner city African-American families,' Substance Use and Misuse,
vol. 31, 1996, p. 157-175.
ALTMAN, D. G., RASENICK-DOUSS, L., FOSTER, V. et TYE,
J. B. ´Sustained effects of an educational program to reduce sales
of cigarettes to minors,' American Journal of Public Health, vol.
81, 1991, p. 891-893.
AMOS, A., GRAY, D., CURRIE, C. et ELTON, R. ´Healthy
or druggy? Self-image, ideal image and smoking behavior among young people,'
Social Science and Medicine, vol. 45, 1997, p. 847-858.
ARNETT, J. ´Reckless behavior in adolescence: A
developmental perspective,' Developmental Review, vol. 12, 1992,
p. 339-373.
BACHMAN, J. G., JOHNSTON, L. D. et O'MALLEY, P. O. ´How
changes in drug use are linked to perceived risks and disapproval: Evidence
from national studies that youth and young adults respond to information
about the consequences of drug use,' L. Donohew, H. E. Sypher et W. J.
Bukoski (Éd.), Persuasive communication and drug abuse prevention,
Hillsdale NJ: Erlbaum, 1991, p. 133-155.
BACHMAN, J. G., WADSWORTH, K. N., O'MALLEY, P. M., JOHNSTON,
L. D. et SCHULENBERG, J. E. Smoking, drinking, and drug use in young
adulthood: The impacts of new freedoms and new responsibilities, Mahwah,
NJ: Lawrence Erlbaum Associates, 1997.
BANWELL, C. L. et YOUNG, D. ´Rites of passage: Smoking
and the construction of social identity,' Drug and Alcohol Review,
vol. 12, 1993, p. 377-385.
BAUMAN, K. E., LAPRELLE, J., BROWN, J. D., KOCH, G. G.
et PADGET, C. A. ´The influence of three mass media campaigns on
variables related to adolescent cigarette smoking: Results of a field
experiment,' American Journal of Public Health, vol. 81, 1991,
p. 597-604.
BOTVIN, G. J. ´Principles of prevention,' Handbook
on drug abuse prevention: A comprehensive strategy to prevent the abuse
of alcohol and other drugs, R. H. Coombs et D. Ziedonis (Éd.),
Boston: Allyn and Bacon, 1995, p. 19-44.
BROWN, K. S., TAYLOR, T. E., MADILL, C. L. et CAMERON,
R. The relationship between the tobacco tax decrease and smoking among
youth: Results of a survey in south-western Ontario, OTRU Working
Paper Series No. 14, Toronto, Ontario Tobacco Research Unit, 1996.

CASSWELL, S., GILMORE, L., MAGUIRE, V. et RANSOM, R. ´Changes
in public support for alcohol policies following a community-based campaign,'
British Journal of Addiction, vol. 84, 1989, p. 515-522.
CHALOUPKA, F. J., SAFFER, H. et GROSSMAN, M. ´Alcohol
control policies and motor vehicle fatalities,' Journal of Legal Studies,
vol. 22, 1993, p. 161-186.
CHEN, K. et KANDEL, D. B. ´The natural history of
drug use from adolescence to the mid-thirties in a general population
sample,' American Journal of Public Health, vol. 85, 1995, p. 41-47.
COGGANS, N. et MCKELLAR, S. ´Drug use amongst peers:
Peer pressure or peer preference,' Drugs: Education, Prevention and
Policy, vol. 1,1994, p. 15-24.
DEMARSH, J. P. et KUMPFER, K. L. ´Family-oriented
interventions for the prevention of chemical dependency in children and
adolescents,' Childhood and chemical abuse: Prevention and intervention,
S. Griswold-Ezekoye, K. L. Kumpfer et W. Bukoski (Éd.), New York:
Haworth Press, 1986, p. 117-151).
D'EMIDIO-CASTON, M. et BROWN, J. H. ´The other side
of the story: Student narratives on the California Drug, Alcohol, and
Tobacco Education Programs,' Evaluation Review, vol. 22, 1998,
p. 95-117.
DEWIT, D. J., BRAUN, K., STEEP, B., ELLIS, K., RYE, B.
J., SILVERMAN, G., SMYTHE, C. et STEVENS-LAVIGNE, A. ´Evaluation
of an in-school drug prevention program for at-risk youth,' texte présenté
à des fins de publication, 1997.
DEWIT, D. J., OFFORD, D. R. et WONG, M. ´Patterns
of onset and cessation of drug use over the early part of the life course,'
Health Education and Behavior, vol. 24, 1997, p. 746-758.
DIFRANZA, J. R., Carlson, R. P. et CAISSE, R. E. ´Reducing
youth access to tobacco,' Tobacco Control, vol. 1, 1992, p. 58.
DONALDSON, S. I., GRAHAM, J. W., PICCININ, A. M. et HANSEN,
W. B. ´Resistance-skills training and onset of alcohol use: Evidence
for beneficial and potentially harmful effects in public schools and in
private Catholic schools,' Health Psychology, vol. 14, 1995, p.
291-300.

ELLICKSON, P. L. ´Schools,' Handbook on drug
abuse prevention: A comprehensive strategy to prevent the abuse of alcohol
and other drugs, R. H. Coombs et D. Ziedonis (Éd.), Boston:
Allyn and Bacon, 1995, p. 93-120.
FEIGHERY, E., ALTMAN, D. G. et SHAFFER, G. ´The
effects of combining education and enforcement to reduce tobacco sales
to minors: A study of four northern California communities,' Journal
of the American Medical Association, vol. 266, 1991, p. 3168-3171.
FERRENCE, R. G., GARCIA, J. M., SYKORA, K., COLLISHAW,
N. E. et FARINON, L. Effects of pricing on cigarette use among teenagers
and adults in Canada 1980-1989, Toronto, Fondation de la recherche
sur la toxicomanie,1991.
FONDATION DE LA RECHERCHE SUR LA TOXICOMANIE. Opening
Doors: A personal and social skills program, Toronto, Fondation de
la recherche sur la toxicomanie, 1995.
FONDATION DE LA RECHERCHE SUR LA TOXICOMANIE. Politiques
en matière d'alcool et de drogues : guide à l'intention
des conseils scolaires, Toronto, Fondation de la recherche sur la
toxicomanie, 1991, 2e édition.
FRANZKOWIAK, P. ´Risk-taking and adolescent development:
The functions of smoking and alcohol consumption in adolescence and its
consequences for prevention,' Health Promotion, vol. 2, 1987, p.
51-61.
GLIKSMAN, L., ADLAF, E., ALLISTON, K. et NEWTON-TAYLOR,
B. ´School board drug policies and student drug use: A test of impact,'
communication présentée lors de la 36e conférence
internationale sur la dépendance à l'alcool et autres drogues,
Glasgow, 1992.
GROSSMAN, M., CHALOUPKA, F. J., SAFFER, H. et LAIXUTHAI,
A. ´Effects of alcohol price policy on youth: A summary of economic
research,' Alcohol problems among adolescents: Current directions in
prevention research, G. M. Boyd, J. Howard et R. A. Zucker (Éd.),
Hillsdale, NJ: Lawrence Erlbaum Associates, 1994, p. 225-242.
HAMILTON, V. H., LEVINTON, C., ST-PIERRE, Y. et GRIMARD,
F. ´The effect of tobacco tax cuts on cigarette smoking in Canada,'
Journal de l'Association médicale canadienne, vol. 156,
1997, p. 187-191.
HARRIS, J. E. ´The 1983 increase in the federal
cigarette excise tax,' Tax policy and the economy, L. H. Summers
(Éd.), Cambridge, MA: MIT Press, vol. 1, 1987.

HAWTHORNE, G., GARRARD, J. et DUNT, D. ´Does Life
Education's drug education programme have a public health benefit?,' Addiction,
vol. 90, 1995, p. 205-215.
HINDS, M. W. ´Impact of a local ordinance banning
tobacco sales to minors,' Public Health Reports, vol. 107, 1992,
p. 355-358.
HINGSON, R., BERSON, J. et DOWLEY, K. ´Interventions
to reduce college student drinking and related health and social problems,'
Alcohol: Minimising the harm. What works?, M. Plant, E. Single
et T. Stockwell (Éd.), London: Free Association, 1997, p. 143-170.
HINGSON, R., HEEREN, T. et WINTER, M. ´Lower legal
blood alcohol limits for young drivers,' Public Health Reports,
vol. 109, 1994, p. 738-744.
HINGSON, R., MCGOVERN, T., HOWLAND, J., HEEREN, T., WINTER,
M. et ZAKOCS, R. ´Reducing alcohol-impaired driving in Massachusetts:
The Saving Lives Program,' American Journal of Public Health, vol.
86, 1996, p. 791-797.
HOBBS, F., PICKETT, W., BROWN, S. K., MADILL, C. et FERRENCE,
R. Monitoring the Ontario Tobacco Strategy. Youth and tobacco in Ontario,
1997: A cause for concern, Ontario Tobacco Research Unit, Toronto,
décembre 1997.
IGRA, V. et IRWIN, C. E. ´Theories of adolescent
risk-taking behavior,' Handbook of adolescent health risk behavior,
R. J. DiClemente, W. B. Hansen et L. E. Ponton (Éd.), New York:
Plenum, 1997, p. 35-52.
JASON, L. A., JI, P. Y., ANES, M. D. et BIRKHEAD, S. H.
(1991). ´Active enforcement of cigarette control laws in the prevention
of cigarette sales to minors,' Journal of the American Medical Association,
vol. 266, 1991, p. 3159-3161.
JOHNSON, C. A., PENTZ, M. A., WEBER, M. D., DWYER, J.
H., BAER, N., MACKINNON, D. P., HANSEN, W. B. et FLAY, B. R. ´Relative
effectiveness of comprehensive community programming for drug abuse prevention
with high-risk and low-risk adolescents,' Journal of Consulting and
Clinical Psychology, vol. 58, 1990, p. 447-457.
JONES, N., PIEPER, C. F. et ROBERTSON, L. J. ´The
effect of legal drinking age on fatal injuries of adolescents and young
adults,' American Journal of Public Health, vol. 82, 1992, p. 112-
115.

KANDEL, D. B. et LOGAN, J. A. ´Patterns of drug
use from adolescence to young adulthood: I. Periods of risk for initiation,
continued use, and discontinuation,' American Journal of Public Health,
vol. 74, 1984, p. 660-666.
KANDEL, D. B., YAMAGUCHI, K. et CHEN, K. ´Stages
of progression in drug involvement from adolescence to adulthood: Further
evidence for the gateway theory,' Journal of Studies on Alcohol,
vol. 53, 1992, p. 447-457.
KEAY, K. D., WOODRUFF, S. I., WILDEY, M. B. et KENNEY,
E. M. ´Effect of retailer intervention on cigarette sales to minors
in San Diego County, California,' Tobacco Control, vol. 2, 1993,
p. 145-151.
KLEPP, K. I., SCHMID, L. A. et MURRAY, D. M. ´Effects
of the increased minimum drinking age law on drinking and driving behavior
among adolescents,' Addiction Research, vol. 4, 1996, p. 237-244.
KUMPFER, K. L. et ALVARADO, R. ´Strengthening families
to prevent drug use in multiethnic youth,' Drug abuse prevention with
multiethnic youth, G. J. Botvin, S. Schinke et M. A. Orlandi (Éd.),
Thousand Oaks, CA: Sage, 1995, p. 225-294.
KUMPFER, K. L., DEMARSH, J. P. et CHILD, W. Strengthening
Families Program: Children's skills training curriculum manual. Prevention
services to children of substance-abusing parents. Salt Lake City,
UT: Social Research Institute, University of Utah, 1989.
KUMPFER, K. L., MOLGAARD, V. et SPOTH, R. ´Family
interventions for the prevention of delinquency and drug use in special
populations,' Preventing childhood disorders, substance abuse, and
delinquency, R. Peters et R. McMahon (Éd.), Thousand Oaks,
CA: Sage, 1996, p. 241-267.
KUMPFER, K. L., WILLIAMS, M. K. et BAXLEY, G. B. Drug
abuse prevention for at-risk groups, Rockville, MD: National Institute
on Drug Abuse, 1997.
LANGLEY, J. D., WAGENAAR, A. C. et BEGG, D. J. ´An
evaluation of the New Zealand graduated driver licensing system,' Accident
Analysis and Prevention, vol. 28, 1996, p. 139-146.
LEWIT, E. M., COATE, D. et GROSSMAN, M. ´The effects
of government regulation on teenage smoking,' Journal of Law and Economics,
vol. 24, 1981, p. 545-569.
MACKINNON, D.P, PENTZ, M.A. et STACY, A.W. ´The
alcohol warning label and adolescents: The first year,' American Journal
of Public Health, vol. 83, 1993, p. 585-587.
MALOUFF, J., SCHUTTE, N., FROHARDT, M., DEMING, W. et
MANTELLI, D. ´Preventing smoking: Evaluating the potential effectiveness
of cigarette warnings,' The Journal of Psychology, vol. 126, 1992,
p. 371-383.
MANN, R. E., STODUTO, G., ANGLIN, L., PAVIC, B., FALLON,
F., LAUZON, R. et AMITAY, O. A. ´Graduated licensing in Ontario:
Impact of the 0 BAL provision on adolescents' drinking-driving,' Alcohol,
drug and traffic safety - T'97, C. Mercier Guyon (Éd.), Annecy
(France), Centre d'études et de recherche en médecine du
traffic, 1997, p. 1055- 1060..
MAYHEW, D. R. et SIMPSON, H. M. New to the road. Young
drivers and novice drivers: Similar problems and solutions?, Ottawa,
Fondation de recherches sur les blessures de la route au Canada, 1990.
MICHELL, L. et WEST, P. ´Peer pressure to smoke:
The meaning depends on the method,' Health Education Research: Theory
and Practice, vol. 11, 1996, p. 39-49.

MINISTÈRE DES FINANCES DU CANADA. Consommation
et taxation du tabac, Ottawa, ministère des Finances du Canada,
1993.
MIRZAEE, E., KINGERY, P. M., PRUITT, B. E., HEUBERGER,
G. et HURLEY, R. S. ´Sources of drug information among adolescent
students,' Journal of Drug Education, vol. 21, 1991, p. 95-106.
MOSKOWITZ, J. M. ´The primary prevention of alcohol
problems: A critical review of the research literature,' Journal of
Studies on Alcohol, vol. 50, 1989, p. 54-88.
MURRAY, D. M., PROKHOROV, A. V. et HARTY, K. C. ´Effects
of a statewide antismoking campaign on mass media messages and smoking
beliefs,' Preventive Medicine, vol. 23, 1994, p. 54-60.
NORMAN, E., TURNER, S., ZUNZ, S. J. et STILLSON, K. ´Prevention
programs reviewed: What works?,' Drug-free youth: A compendium for
prevention specialists, E. Norman (Éd.), New York: Garland
Publishing, 1997, p. 22-45.
O'MALLEY, P. M. et WAGENAAR, A. C. ´Effects of minimum
drinking age laws on alcohol use, related behaviors, and traffic crash
involvement among American youth: 1976-1987,' Journal of Studies on
Alcohol, vol. 52, 1991, p. 478-491.
PAGLIA, A., DE GROH, M. et PEDERSON, L. L. ´Beliefs
and attitudes,' Enquête de 1994 sur le tabagisme chez les jeunes
- Rapport technique, S. Stephens et M. Morin (Éd.), Ottawa,
Approvisionnements et Services Canada, 1996, p. 93-119.
PAGLIA, A., DE GROH, M., REHM, J. et FERRENCE, R. ´Knowledge
of health risks,' Enquête de 1994 sur le tabagisme chez les jeunes
- Rapport technique, S. Stephens et M. Morin (Éd.), Ottawa,
Approvisionnements et Services Canada, 1996, p. 121-151.
PEELE, S. et BRODSKY, A. ´Gateway to nowhere: How
alcohol came to be scapegoated for drug abuse,' Addiction Research,
vol. 5, 1997, p. 419-426.
PENTZ, M. A. ´Community organizations and school
liaisons: How to get programs started,' Journal of School Health,
vol. 56, 1986, p. 382-388.
PENTZ, M. A. ´Local government and community organization,'
Handbook on drug abuse prevention: A comprehensive strategy to prevent
the abuse of alcohol and other drugs, R. H. Coombs et D. Ziedonis
(Éd.), Boston: Allyn and Bacon, 1995, p. 69-120.
PENTZ, M. A., BRANNON, B. R., CHARLIN, V. L. BARRETT,
E. J., MACKINNON, D. P. et FLAY, B. R. ´The power of policy: The
relationship of smoking policy to adolescent smoking,' American Journal
of Public Health, vol. 79, 1989, p. 857-862.
PENTZ, M. A., DWYER, J. H., MACKINNON, D. P., FLAY, B.
R., HANSEN, W. B., WANG, E. Y. I. et JOHNSON, C. A. ´A multicommunity
trial for primary prevention of adolescent drug abuse,' Journal of
the American Medical Association, vol. 261, 1989, p. 3259-3266.
POPHAM, W. J., POTTER, L. D., HETRICK, M. A., MUTHEN,
L. K., DUERR, J. M. et JOHNSON, M. D. ´Effectiveness of the California
1990-1991 Tobacco Education Media Campaign,' American Journal of Preventive
Medicine, vol. 10, 1994, p. 319-326.

REDMAN, S., SPENCER, E. A. et SANSON- FISHER, W. ´The
role of mass media in changing health-related behavior: A critical appraisal
of two models,' Health Promotion International, vol. 5, 1990, p.
85-101.
ROOM, R. ´Adolescent drinking as collective behavior
and performance,' The Development of Alcohol Problems: Exploring the
Biopsychosocial Matrix of Risk, Zucker, R., Boyd, G. et Howard, J.,
(Éd.), NIAAA Research Monograph No. 26, Rockville MD: NIAAA, p.
205-208.
SAFFER, H. et GROSSMAN, M. ´Beer taxes, the legal
drinking age, and youth motor vehicle fatalities,' Journal of Legal
Studies, vol. 16, 1987, p. 351-374.
SWEANOR, D. T., MARTIAL, L. R. et DOSSETOR, J. B. The
Canadian tobacco tax experience: A case study, Ottawa, Association
pour les droits des non-fumeurs et Fondation pour la lutte contre le tabac,
1993.
SWEEDLER, B. M. et STEWART, K. ´Comprehensive program
needed to reduce youth DWI,' Alcohol, drugs and traffic safety - T'92,
H. D. Utzelmann, G. Berghaus et G. Kroj (Éd.), Cologne, Verlag
TUV Rheinland, 1993, p. 1161-1166.
TOBLER, N. S. ´Drug prevention programs can work:
Research findings,' Journal of Addictive Diseases, vol. 11, 1992,
p. 1-28.
TOBLER, N. S. et STRATTON, H. H. ´Effectiveness
of school-based drug prevention programs: A meta-analysis of the research,'
The Journal of Primary Prevention, vol. 18, 1997, p. 71-128.
WAGENAAR, A. C. ´Minimum drinking age and alcohol
availability to youth: Issues and research needs,' Economics and the
prevention of alcohol-related problems. M. E. Hilton et B. Bloss (Éd.),
(NIAAA Research Monograph No. 25, Rockville, MD: U. S. Department of Health
and Human Services, 1993, p. 175-200.
WARNER, J., ADLAF, E. et ROOM, R. ´What the numbers
don't show: How high-school students set limits on their use of marijuana,'
texte présenté à des fins de publication, 1997.
WILKS, J. ´Adolescent views on risky and illegal
alcohol use,' Drug and Alcohol Review, vol. 11, 1992, p. 137-143.
WINDLE, M., THATCHER SHOPE, J. et BUKSTEIN, O. ´Alcohol
use,' Handbook of adolescent health risk behavior, R. J. DiClemente,
W. B. Hansen et L. E. Ponton (Éd.), New York: Plenum, 1996, p.
115- 159.
YAMAGUCHI, K. et KANDEL, D. B. ´Patterns of drug
use from adolescence to young adulthood: II. Sequences of progression,'
American Journal of Public Health, vol. 74, 1984a, p. 668- 672.
YAMAGUCHI, K. et KANDEL, D. B. ´Patterns of drug
use from adolescence to young adulthood: III. Predictors of progression,'
American Journal of Public Health, vol. 74, 1984b, p. 673- 681.
ZUNZ, S. J. ´School climate and community norm change,'
Drug-free youth: A compendium for prevention specialists, E. Norman
(Éd.), New York: Garland Publishing, 1997, p. 47-94.

Centre de toxicomanie et de
santé mentale
Le Centre de toxicomanie et de santé mentale est le
fruit de la fusion de la Fondation de la recherche sur la toxicomanie,
de l'Institut psychiatrique Clarke, de l'Institut Donwood et du Centre
de santé mentale de la rue Queen. Le Centre est un hôpital
d'enseignement pleinement affilié à l'Université
de Toronto.
Le Centre de toxicomanie et de santé mentale puise
dans l'héritage de ces quatre grands établissements pour
mieux comprendre et soigner les problèmes de toxicomanie et de
santé mentale, pour prévenir la consommation d'alcool et
d'autres drogues, et pour promouvoir la santé mentale. Il assure
le fonctionnement d'installations cliniques et de recherche centrales
à Toronto ainsi que de 12 bureaux communautaires en Ontario. Même
si le Centre axe ses activités d'intervention sur les besoins des
collectivités ontariennes, ses travaux ont des incidences aillleurs
au pays et à l'étranger.

Série
Mise au point
La série de documents Mise au point vise à
présenter les toutes dernières connaissances sur les problèmes
qui pointent à l'horizon dans un domaine en particulier. Ces documents
s'adressent tout particulièrement aux professionnels qui interviennent
dans les domaines de la santé et de la toxicomanie, aux décideurs
et aux personnes qui désirent avoir des données à
jour sur les questions de l'heure.
Pour plus d'information sur le Centre de toxicomanie et de
santé mentale ou pour obtenir un exemplaire de cette Mise au point,
prière de communiquer avec :
Affaires publiques
Centre de toxicomanie et de santé mentale
33, rue Russell
Toronto ON M5S 2S1
Tél. : 416-595-6878
Téléc. : 416- 595-6881
Pour plus d'information sur les autres produits du Centre
de toxicomanie et de santé mentale ou pour passer une commande,
de communiquer avec :
Services de marketing et ventes
Centre de toxicomanie et de santé mentale
33, rue Russell
Toronto ON M5S 2S1
Canada
Tél. : 1 800 661-1111 ou 416-595-6059 à Toronto
Courriel : marketing@camh.net
Prévention de l'alcoolisme et autres toxicomanies
ã Les programmes qui marchent auprès des jeunes
Copyright © 1999, Centre de toxicomanie et de santé
mentale
Le contenu de ce document ne peut être reproduit
ou transmis sous une forme quelconque, par quelque procédé
électronique ou mécanique que ce soit, notamment par photocopie
et enregistrement, ou par l'intermédiaire d'un système de
mise en mémoire et de récupération de l'information
sans l'autorisation écrite de l'éditeur, sauf en cas de
citation brève (d'au plus 200 mots) dans un article ou un ouvrage
à caractère professionnel.
English version available
|
 |
|
|

(en anglais seulement)
|
|
 |